L’oeuvre de la quinzaine | Mary Kang, « Asian Texans »

Mary Kang est une photographe Sud-Coréenne Américaine qui a vécu au Texas et qui travaille aujourd’hui à New York. Pour l’oeuvre de la quinzaine, nous avons choisi de vous montrer des photos de sa série « Asian Texans », qui a commencé en 2010 et qui est toujours en cours. Pour vous expliquer sa démarche, nous avons traduit le texte qui se trouve sur son site :

« C’est un projet photographique à long terme sur les familles Bhoutanaises Népalophones à Austin, au Texas. Ce projet documente la vie de cette communauté multi-générationnelle qui est arrivée dans la ville en tant que réfugié-e-s, et qui considèrent maintenant Austin comme un autre foyer. Bien que je ne sois pas Bhoutanaise ou Népalaise, j’ai eu envie de faire ce projet parce qu’il y a certains rites de passage que tous les nouveaux arrivants non-blancs traversent lorsqu’iels arrivent en Amérique. Des thèmes ont émergé de ce projet, comme la beauté de dépendre et de s’appuyer sur sa communauté, l’inter-connection de la culture Asiatique, et l’évolution de l’identité. »

L’oeuvre de la quinzaine | Carrie Mae Weems, « The Kitchen Table Series »

Pour cette oeuvre de la quinzaine, nous avons choisi de vous faire découvrir la série photographique de Carrie Mae Weems, « Kitchen Table Series » (1990) (Serie « la table de la cuisine »). à travers ces 20 photographies, l’artiste nous fait entrer dans l’intimité de l’histoire de la vie d’une femme depuis le point de vue de la table de sa cuisine, nous présentant ses amants, ses enfants, ses amies, sa solitude, ses jeux. Nous en avons sélectionné 6, mais nous vous encourageons vivement à aller voir la série entière sur son site en cliquant ici.

 

l’exposition FRONTIÈRE/S

Photographies de l’exposition FRONTIÈRE/S, qui a eu lieu au Landy Sauvage le week-end du 14-15-16 juin 2019.

 

L’oeuvre de la quinzaine | Andrea Kowch

Pour l’oeuvre de la quinzaine, voici les peintures d’Andrea Kowch.

Nous avons traduit une partie du texte de présentation sur son site pour vous présenter son travail :

« Andrea Kowch est une peintre Américaine née à Detroit, dans le Michigan, en 1986. Elle a étudié au College for Creative Studies. Ses peintures et travaux sur papier sont chargés d’atmosphère et d’allégories. Ils sont peints de manière très précise, reflétant une riche influence allant de la Renaissance Nordique et de l’art Américain aux paysages ruraux et à l’architecture vernaculaire de son Michigan natif.

Les histoires et l’inspiration derrière ses peintures « naissent des émotions et des expériences de la vie, résultant en une imagerie allégorique et narrative qui illustre les parallèles entre l’expérience humaine et les mystères du monde naturel. Le paysage Américain esseulé et désolé cernant les personnages des peintures traduit une exploration du caractère sacré de la nature et une réflexion sur l’âme humaine, symbolisant toutes les choses puissantes, fragiles et éternelles. Des scénarii à la fois tangibles et oniriques transforment des idées personnelles en des métaphores universelles de la condition humaine, maintenant un sentiment de flou pour encourager le dialogue entre l’oeuvre et la personne qui la regarde. » »

FRONTIÈRE/S : les artistes

 

 

Anna Ciammitti

 Anna Ciammitti, animatrice et dessinatrice, expérimente différentes techniques du récit visuel.
Elle collabore à la création de séries animées, longs-métrages, courts-métrages et publicités en stop motion et 2D. Elle publie également des bandes dessinées et des illustrations pour livres et fanzine.

 Pour l’exposition FRONTIÈRE/S, elle a fait un choix de cinq images faisant partie de son projet artistique « Limen | Limes », qui signifie seuil et limite. Ce projet étudie le concept de frontière, comprise comme géographique et mentale. Ce sont des photographies de petites parties du monde qui, avec l’ajout de figures peintes, se transforment en grandes zones frontalières: traverser, vivre puis traverser.

 

 

Ayden Mariadas

🌔 Je m’appelle Ayden Mariadas, je suis un artiste, trans, non binaire, d’origine indienne. Après des études universitaires, l’organisation de festival de films documentaires, à courir derrière la volonté d’exprimer les histoires coloniales qui marquent ma famille depuis des générations, et maintenant dans une démarche féministe, j’écris des textes de prose, la plupart du temps autobiographiques et je fais des selfies. J’enregistre la voix de mes proches, qui me racontent leurs histoires, encore et encore, et que je découvre chaque fois, un peu plus.

🌔 Le texte que j’ai écrit, parle des frontières, comme je les vois, frontières entre les cultures de mes parents, dont j’ai pensé faire un film documentaire à une époque et que je traduis un peu dans ce texte. J’y parle un peu de mon experience de travail salarié, de comment je vis mon genre, comment je le construis, de mon experience de vie, de transition.

 

 

Céline Drouin & Camille Back

🌗 Artiste visuelle transdisciplinaire formée à l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris—Cergy, Celine Drouin Laroche élabore ses projets à partir de rencontres et de discussions sur les identités, les imaginaires, les savoirs et les lieux habités. Les récits qui en résultent sont innervés par des questionnements politiques liés aux mouvements de (dé)colonisation, aux constitutions de communautés et aux pensées féministes queers. Troublant la frontière entre fiction et documentaire, ses installations, vidéos, performances et séries photographiques sont animées par les notions de narration de soi et du monde.

Camille Back est doctorante. Féministe lesbienne et queer blanche issue de l’immigration italienne, elle cherche à questionner et à redéfinir les théories queers en proposant une analyse critique des théories queers blanches et de certains de leurs paradigmes et en mettant en évidence le rôle formateur d’Anzaldúa dont la contribution à l’élaboration de ces théories (tout comme celle de nombreux autres queers of color) a été effacée des généalogies courantes.

🌗 Pour l’exposition FRONTIERE/S, nous proposerons une vidéo expérimentale : Something to do with the dark. A tribute to Gloria E. Anzaldúa. Travail plastique et sensoriel autour de la figure de la féministe lesbienne chicana Gloria Anzaldúa, de son parcours, de son processus créatif, des concepts et des images poétiques qu’elle développe, Something to do with the dark mêle différents régimes d’image et de narration. Il s’agit alors de dépasser le statut documentaire des images, par le montage et la bande son expérimentale, pour basculer dans la fiction et dans une expérience visant à altérer nos perspectives et nos perceptions, au même titre que les autohistorias-teorías d’Anzaldúa.

 

 

Collectif Sans Nom

💥 Impulsé par Dana Fiaque, Daniel Cocercoa et Sanaa El Morsali, puis suivi par Juliette Veniger et Ian Kiddou, le Collectif Sans Nom c’est formé autour de Toutitou History X, écrit par Dana Fiaque.
Le Collectif se compose de jeunes comédiens en cours de professionnalisation. L’envie de jouer et d’être maître de leur propre projet, tout en parlant du passage à l’âge adulte sont les motivations premières du collectif.

💥 Pour l’exposition FRONTIÈRE/S, le Collectif Sans Nom présente Toutou History X, dont voici le synopsis :
Steph, un.e jeune ado de 18 ans viens de recevoir sa lettre d’admission pour l’université, très très loin. Toutitou, sa peluche, son compagnon de toujours, ne l’entends pas de cette oreille. Avec l’aide d’autre jouets abandonnés de la Malle- sous-le-lit, Toutitou compte bien reconquérir Steph, déjà en pleine émancipation.

 

 

Elena Moaty

💫 Elena Moaty est peintre et dessinatrice. Elle a étudié aux beaux arts de Paris. Elle fait partie du collectif Prenez Ce Couteau.

💫 Pour l’exposition FRONTIÈRE/S, elle présente une peinture grand format faite après son premier voyage à Oran, d’où est originaire son père. La peinture se lit comme un poème, où il est question de migration, de diaspora, d’identité juive et de normes de genre. Elle préfère ne pas en dire plus et laisser à chacun-e la possibilité de voyager dans cette peinture.

 

 

 

 

Hajer

🌟 Hajer, historienne et politiste de formation, mais surtout passionnée de musiques arabes, s’attache à mettre en valeur ce patrimoine culturel à travers les podcasts contés Vintage Arab notamment auprès des descendant.e.s de l’immigration francophone. A travers cette démarche, elle souhaite promouvoir une vision historique et affective de ces musiques, tournés vers celles et ceux qui vivent ces musiques quotidiennement.

🌟 Pour l’exposition FRONTIERES, elle proposera un voyage musical à travers des extraits musicaux pour explorer l’histoire et la langue. Ce projet se propose d’explorer l’abolition de la frontière à travers des expérimentations audio qui conteront aux spectateurs ce que peut signifier les notions d’espace et d’exil dans le patrimoine
musical, patrimoine qui propose un dialogue , parfois un socle commun qui se joue de la notion de frontière. Pour penser, vivre et défaire les frontières.

 

 

Karima El Amrani

🌊 Karima El Amrani est danseuse contemporaine. Après des études supérieures en danse, elle s’installe à Londres en 2011 où elle travaille pour Hofesh Shechter. Depuis 2013, elle collabore avec Christoph Winkler à Berlin, Clod Ensemble à Londres et la Compagnie 7273 à Genève.
Parallèlement, elle se certifie dans l’enseignement du yoga ashtanga et rejoint les projets chorégraphiques de David Drouard, Damien Jalet et récemment Thomas Lebrun au Centre Chorégraphique National de Tours. Elle a étudié au sein du département danse de l’Université Paris 8 dans l’optique de commencer un cycle de recherche accompagnant son travail chorégraphique.

🌊 Pour l’exposition FRONTIÈRE/S, elle présente « Album de chorégraphies » avec la compagnie smitten. La compagnie smitten a été créée en 2018 et s’articule dans la continuité d’un parcours d’interprète, comme un laboratoire de recherche extensible et poreux accueillant en son sein de multiples problématiques et désirs mouvementés. Album de chorégraphies en est la première création.

 

 

Lily Hook

🌛 Lily Hook est artiste plasticienne et chercheuse indépendante genderqueer libano-canadienne. Elle a étudié le cinéma, les arts plastiques et les gender studies en France et a soutenu en 2014 un mémoire de recherche en art contemporain et nouveaux médias à l’Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis. Sa pratique artistique mêle les questionnements autour de l’inscription de la fiction sur les corps (présents ou absents), les objets et les reliques, la fluidité des genres et des sexualités, l’autofiction, les mythologies familiales et l’expérience de la diaspora. Toujours en dialogue, ses travaux et ses recherches se nourrissent de pensées décoloniales, de politiques queer et de spiritualité.

🌛 Pour l’exposition FRONTIÈRE/S, Lily Hook propose une vidéo. « conversation ; i wish you’d hear my story est une tentative de retracer mon ascendance et mon héritage culturel à travers des outils numériques tels que des applications de reconnaissance faciale et l’option micro de google translate. l’ambiguité raciale qui va de paire avec les personnes à passe-blancs et les privilèges de circulation qui en découlent se retrouvent alors que la video adresse à la fois les marqueurs raciaux et ma présentation de genre. la vulnérabilité de mon identité est questionnée à travers cette expérimentation et ces applications qui ne peuvent ni comprendre mon arabe fragmenté, ni reconnaître mon visage. »

 

 

Liza Bouslimani

🍒 Liza Bouslimani, artiste pluridisciplinaire (photographie, peinture, écriture, vidéo) , après avoir achevé des études de philosophie sur une réflexion autour de l’exil et l’écriture, je continue d’interroger et d’approfondir ce thème à travers des supports artistiques. Identités, banlieues, entre- deux, déracinement…sont des thèmes qui rythment mes travaux. Pour moi l’art est une occasion de créer un lien avec l’autre pour se réapproprier et comprendre ensemble notre identité et ce qui la compose.

🍒 Pour l’exposition Frontière/s, j’expose un reportage photo intitulé « qui sont-ils ? » mené avec des primos-arrivants lors de leur parcours au sein d’une formation professionnelle. Leurs portraits accompagnés de leurs témoignages, sont là pour remettre au centre des parties d’eux que le pays d’accueil a tendance à ignorer ou invisibiliser.

 

 

Mona Rami

🌕 Mona Rami, artiste pluridisciplinaire, danseuse, peintre, photographe, poète… de formation universitaire : lettres, arts et sociologie, c est en même temps sur les terrains des luttes politiques feministes decoloniales antiracistes anticapitalistes et ecologistes, des solidarités internets et irl, que je me forme et m’engage. L art est pour moi un outil de survie, soin, revolte et reenchantement.

🌕 Lors de l exposition « Frontiere/s »Je présenterais une serie photographique intitulée « Mosaïques ». J’y aborde les thematiques du metissage, du deracinement, du racisme, du sexisme, des traumatismes, qui touchent à la fois les espaces intimes et les corps sociaux… entre documentaire et metaphores, c est une oeuvre de révolte et de resilience… comment à partir des fragments l on fait sens, fait face, trouve des moyens de résister, transformer et habiter le monde… rendre le monde habitable pour tou-tes…

 

 

Nadja Makhlouf

🌞 Je m’appelle nadja makhlouf, je suis photographe et documentariste franco-algérienne. Mon travail interroge les différents aspects de la mémoire, de l’histoire, de la société et notamment du statut des femmes en Algérie.

🌞 En 2011, je décide de faire une trilogie de portraits de femmes à travers les 3 régions : la kabylie, la capitale et le désert. Ce projet, je l’ai intitulé « Algérie, algériennes »
Le premier volet que j’ai intitulé « allah ghaleb », parle du quotidien des femmes kabyles . J’en ai fait un moyen métrage et il est accompagné de portrait de photos.
Le second volet, parle cette fois des femmes qui ont combattu pendant la guerre d’Algérie. C’est ce travail que je présente dans le cadre de l’exposition collectif « frontières » et que j’ai intitulé « Front – Thiers ».
Ici pas de frontières entres les soeurs et les frères de combat. Il n’y a pas de frontière quand il s’agit de se battrer pour un idéal. Elles sont le front, elles font front. Ce diptyque photographique, accompagné du témoignage de chacune des femmes, est un regard sur l’histoire autant qu’une réfléxion sur le présent: Quelles sont les frontières personnelles que nous sommes prêts à traverser pour un idéal, jusqu’où sommes nous prêts à aller? Cette installation photographique nous pousse à réfléchir sur la valeur de nos propres engagements.

 

 

Sagia Bassaid

🌒 sagia bassaïd – iaznam zianam – poète plasticienne
no man’s langue : interface poétique et poétique de la désaliénation
une espèce d’espace poétique entre deux frontières. Une poésie qui s’approprie pour se désaliéner notamment en contexte post-dé-colonial.
au lieu du choix : non choix non dans le sens de l’empêchement mais dans le sens de la non-injonction qu’elle soit sociale ou personnelle,sexuelle, artistique aux choix multiples.
Ce refus de l’injonction qui place la no man’s langue en position de funambule, en position de flux, langue fluide, bâtarde qui échappe à toute occupation permanente : pas une langue mais des langues, anti-monolinguisme. La poésie visuelle et performative que je développe s’articule autour du mouvement, de la fracture, du fragment, d’une frontiérisation : frontière entre l’intelligible et le sensible d’où la volonté de travailler principalement la poésie de manière plastique et organique : langue-matière langue-organe langue-corps. Concrètement, je travaille à partir de la hasra (le tissage) entre matière verbale réelle et matière artificielles (enregistrements, voix, textes tissés autour des matériaux bruts prélevés)

🌒 Pour l’exposition frontière/s, le travail proposé est une série de poèmes visuels ainsi qu’une performance hograhorage : visuel et performatif où les langues sont mises à l’épreuve de leur frontière, comme son nom l’indique hograhorage est un poème-frontière : éprouver la frontière contenue dans la langue post-coloniale et en faire advenir le poétique.

 

 

Salma M

🦋 Salma écrit des bouts de phrases et croise des humeurs, comme des collages pour évacuer des doutes, prolonger des sensations, exhumer des frustrations. C’est souvent des expositions, des conférences, des lectures ou des sons éléctroniques vertigineux qui l’embarquent sur un agencement particulier. Elle expose son travail pour la première fois.

🦋 Pour l’exposition FRONTIÈRE/S, elle présente Porcelaine. Ce poème a été inspiré par l’installation de Candice Lin, A Hard White Body (Un corps blanc exquis), exposée à Bétonsalon en 2017. Autour du lit en porcelaine blanc que lui inspire La chambre de Giovanni de James Baldwin, Candice Lin orchestre la contamination entre flux organiques et inorganiques. Dans Porcelaine, c’est l’impossibilité de la contamination qui émerge. L’étreinte en ce qu’elle a d’absolu est impossible – un sujet désirant erre autour d’un lit éphèmère, veut se diluer dans des échanges de fluides, d’images, de mots, sans retrouver la solidité d’une communion effective avec le sujet désiré.

 

 

Selma Delajoa

⭐️ Selma Delajoa est une artiste utilisant des médiums mixtes, qui vit et travaille à Pantin. Les questions qui jalonnent son travail prennent pour références sa propre histoire, des problématiques de réappropriation du corps et de la parole de ceux qui ont été laissé pour compte et/ou à qui on n’a pas transmis le bon héritage social ainsi que des univers de science fiction. Elle travaille le dessin comme une persistance de l’erreur, teinté d’étrangeté, d’onirisme et crée des alter-egos aussi inquiétants que fragiles.

⭐️ Pour l’exposition FRONTIÈRE/S, elle présentera deux dessins retraçant des terrains corporels où la frontière oscille entre objectivation et intériorité. Ces dessins ont pour projet de faire émaner une certaine familiarité qui nous propose un refuge à travers la captation de ce qui demeure. Ils retranscrivent les ressentis et les souvenirs, vestiges émanant de corps-cartographiés, corps-paysages et qui ouvrent la possibilité d’un ailleurs.

 

 

Sem Nagas

🌻 Selon les catégories en vigueur, sem nagas est une femelle maghrébine qui navigue entre l’art, l’occulte et la politique. Elle écrit de la fiction et partage ses opinions dans une perspective queer, décoloniale et anarchiste. Vous pouvez lire ses textes dans ses fanzines et sur son blog:sorryiamnotsorryblog.wordpress.com.
Artiste visuelle, elle dessine des personnages hybrides et fait des collages papiers ou numériques. Une autre forme d’expression qu’elle prend plaisir à développer est la création d’objets en tissu, brodés et perlés qui représentent des vulves, des yeux ou des coeurs.
Pour l’expo « Frontières », elle présente une série de collages numériques nommée « Corps Nocturnes »
*
🌻 Les corps nocturnes sont dans un espace imaginaire qui ne leur confère pas les mêmes droits qu’aux autres. Ils n’ont pas la même valeur que les corps diurnes, ceux qu’on voit, ceux qui brillent, ceux qui comptent.
Dans ces collages, on retrouve d’anciens portraits de femmes algériennes, sans nom, qui ont été photographiées par des représentants du régime colonial français. Les femmes sont dévoilées et dénudées pour être exposées à l’oeil masculin blanc. Les corps colonisés ne s’appartiennent pas, ils sont exploités et servent d’exutoire.
Le travail des collages veut redonner à ces corps une force symbolique, un pouvoir cosmique et totémique, pour se reconnecter au ciel et à la terre afin de retrouver l’équilibre et guérir.
Les collages évoquent le rétrofuturisme et s’inspirent du courant afro-futuriste appliqué au contexte de l’Algérie (arabo-futurisme). Les photos prises à l’époque coloniale témoignent d’un passé qui est en grande partie inaccessible pour les déracinées et descendants postcoloniaux qui sont déconnectées de la terre, des ancêtres et de leur propre histoire.
Les assemblages expriment la tension entre un passé oriental fantasmé et un futur occidental incertain. De cette tension émergent plusieurs forment d’hybridité comme des stratégies de survie monstrueuses, des mutations obligées.

 

 

Tony Tan

🌙 Tony est un artiste originaire de Pantin qui dessine et fait des collages. Duper mais ancré quelque part entre le 93, la ZAD, l’amour de ses asianités, son clan, des vieilles théories anar et La Kabane le chalet (💖 sur vous)

🌙 Pour l’exposition FRONTIÈRE/S, il présentera sa CARTOGRAPHIE DU LOVE. Une cartographie qui croise les tendresses qu’il ressent pour tout un groupe de personnes, à travers les paroles, les images et les histoires de son clan, de sa communauté d’expérience.s. Pour capter qu’aux frontières créées par nos marginalités, il y a des connexions physiques et spirituelles inattendues qui apparaissent. Et peut-être qu’on peut y trouver (et se partager) des réponses. Et de la force.

L’oeuvre de la quinzaine | Dain Yoon / @designdain

Pour l’oeuvre de la quinzaine, nous vous présentons la peintre-illusionniste-maquilleuse Dain Yoon, connue sous l’alias de @designdain sur instagram. Nous avons traduit le texte de présentation sur son site, accompagné d’une sélection d’images :

 

Dain Yoon considère que son art de l’illusion reflète la façon dont les gens font l’expérience du monde.

« Les gens vivent dans des illusions », dit l’artiste de 24 ans originaire de Seoul, Corée du Sud. « Les gens perçoivent tout de leur propre manière subjective ».

Dain Yoon utilise le pseudo designdain sur Instagram, où elle montre ses belles peintures trompe l’oeil, peintes sur son corps ou sur son visage. Bien que son art ait l’air photoshoppé, il est en fait 100% authentique. Ses illusions parfaites d’yeux, de bouches et de visages provoquent chez beaucoup une longue contemplation, un sentiment de vertige ou encore une certaine frayeur.

Depuis l’enfance, Dain a un talent pour la peinture. Son talent lui a permis d’étudier dans les écoles d’art les plus prestigieuses de la Corée du Sud : le lycée d’art de Séoul Yewon et l’Université Nationale Coréenne des Arts, dont elle a chaque fois été diplômée première de sa promotion.

Cependant, une grande maîtrise de la peinture n’est ici que la moitié de l’équation magique.

Le sens aigu de l’observation et la fascination de Yoon pour la complexité des êtres humains est ce qui élève son art à un niveau supérieur : « Le véritable visage se révèle sous la main qui le cachait, révélant que la première impression que l’on a d’une personne ne dévoile pas tout ».

Avec « l’art de l’illusion », Yoon a exploré diverses manières d’exprimer de manière éloquente les multiples facettes d’une personne. Elle explore aussi les sensations qui émergent de son éducation au sein d’une famille d’artistes. Avec une mère artiste et un père qui travaille dans l’architecture, la famille a grandement influencé l’exploration artistique de son médium favori : la peinture.

Pour ce qui est de l’inspiration, Dain adopte un point de vue humble : « Tout, même dans la vie ordinaire, pourrait être source d’une grande inspiration… Du moment qu’on adopte une perspective unique. »

 

Exposition FRONTIÈRE/S

 

 

Le week-end du 15 juin, le collectif Prenez Ce Couteau présente l’exposition FRONTIÈRE/S !

 

Pour cette troisième exposition, nous avons choisi le thème « FRONTIÈRE/S » et avons sélectionné 18 propositions en tentant de rassembler plusieurs points de vues sur cette notion : habiter la frontière, traverser la frontière, crossroads, harragas, exilé.e.s, frontières linguistiques, sexuelles, psychologiques, culturelles, métaphoriques ou physiques… le tout exprimé via différents arts : vidéo, peinture, performance, photographie, danse…

 

L’exposition aura lieu le week-end du 14 – 15 – 16 juin Au Landy Sauvage / ex-Clos Sauvage. Venez nombreuxses !

 

– LE PROGRAMME –

>>> vendredi 14 juin :

Vernissage à partir de 18h30, avec buffet végétarien à prix libre !

La performance de Sagia Bassaid et la danse de Karima El Amrani auront lieu au cours de la soirée (horaires à venir).

>>> samedi 15 juin :

L’expo est ouverte à partir de 14h. Possibilité de venir plus tôt sur rdv.

Projection de la vidéo de danse de Karima El Amrani à 18h

La pièce de Dana Fiaque sera jouée à 20h dans l’espace d’exposition.

>>> dimanche 16 juin :

L’expo est ouverte de 14h à 18h30 ou bien sur rendez-vous.

Projection de la vidéo de danse de Karima El Amrani à 15h

 

– ACCÈS –

Au Landy Sauvage / ex-Clos Sauvage

166 rue du Landy

Saint-Denis

Métro : ligne 13, Carrefour Pleyel (moins de 10mn à pied)

RER D : Stade de France – Saint-Denis (moins de 10mn à pied)

RER B : La Plaine – Stade de France (15mn à pied)

bus 139 et 173 arrêt Landy – Pleyel (2mn à pied)

bus 255 arrêt Landy – Ornano (2mn à pied)

 

L’espace est accessible aux personnes à mobilité réduite.

 

En espérant vous y voir,

 

Un beau mois de juin à vous !

Jeanne Hébuterne

Jeanne Hébuterne est une peintre du début du XXe siècle, connue pour sa relation avec Amedeo Modigliani. On se souvient d’elle surtout au travers de ce rôle de muse et de sa fin tragique, mais elle était elle-même une artiste, et a laissé derrière elle de nombreuses oeuvres malgré sa mort précoce. Nous vous présentons son travail dans cette biographie illustrée par Manon Bauzil.

 

I/ L’enfance dessinée : 

 

par bauz1992

Jeanne Hébuterne naît le 6 avril 1898 dans une famille bourgeoise catholique à Meaux.

Très jeune, elle montre un certain talent pour le dessin, et ambitionne d’être artiste. Elle aime dessiner son quotidien, sa famille, ses habitudes d’enfant. On y entrevoit le caractère colérique de son père, ainsi que son éducation religieuse et stricte.

 

Cet intérêt pour l’art, c’est de famille : son frère André Hébuterne est lui-même peintre paysagiste.

La jeune fille étudie la peinture et le dessin à l’Académie Colarossi, dans le quartier de Montparnasse. En raison de sa peau très blanche et de ses cheveux roux foncé, ses amis la surnomment « noix de coco ». Elle sert de modèle pour certains peintres, comme Léonard Foujita.

 

II/ La rencontre amoureuse et la peinture :

 

Elle a 17 ans lorsqu’elle rencontre Amedeo Modigliani, qui a 14 ans de plus qu’elle. Venu d’Italie en 1906, il est passionné de peinture, et a un penchant pour la drogue et l’alcool.

Les parents de Jeanne voient cette relation d’un très mauvais oeil. La toxicomanie, l’âge et la situation financière du peintre sont pour eux des éléments négatifs, mais la cerise sur le gâteau, c’est qu’il est juif : s’en est trop pour cette famille catholique traditionnelle de la France antisémite du début du XXe. Quelques mois après la rencontre, Jeanne coupe les ponts avec ses parents, et décide d’emménager avec son amant.

 

Autoportrait, 1916

Amedeo utilise Jeanne pour donner un nouveau souffle à son art. Elle devient sa modèle favorite, et sa jeunesse et sa santé le raccrochent à la vie. Il y a de toute évidence une dynamique de pouvoir entre eux deux : Jeanne est impressionnée par lui, encore mineure et isolée de ses parents. Il a un ascendant sur elle.

 

portrait de Modigliani à la pipe

Ensemble, ils pratiquent la peinture et le dessin. Elle le dessine, il la peint. Elle refuse à présent de poser pour qui que ce soit d’autre. Pourtant, elle ne se reconnaît pas dans ses peintures : il peint ses yeux bleus alors qu’ils sont verts, son visage longiligne alors qu’il est ovale. Il cherche en elle la figure parfaite.

Ils vivent dans un appartement-atelier qui appartient à un mécène de Modigliani. Jeanne sort peu, elle peint ce qu’elle voit par la fenêtre.

 

Elle fait des autoportraits, se représentant elle-même, hors du regard de son amant. Ensemble, ils partagent aussi certains modèles – amis, peignant leur version respectives des visages et des corps.

 

Portrait du peintre Soutine

C’est une sorte de huis-clos amoureux et créatif, mais l’argent vient à manquer. Modigliani est dépensier, et l’alcool lui prend beaucoup de ses revenus. Il sait qu’il fait du mal à Jeanne. « Jeannette, tu es trop jolie pour moi et trop fraîche, et tu pleures des larmes de lait. Tu devrais rentrer chez tes parents, tu n’est pas faite pour moi. », lui écrit-il.

 

III/ La famille en morceaux

 

En mars 1918, le couple quitte Paris qui vient d’être bombardée par l’Allemagne. Ils se rendent dans le Sud, à Nice, leur voyage financé par le mécène de Modigliani. Jeanne y apprend qu’elle est enceinte. Elle renoue alors avec sa mère, qui descend dans le Sud pour vivre avec eux, et être présente pour la grossesse de sa fille.

 

 

La vieille dame au collier ou Portrait d’Eudoxie Hébuterne , 1919

Pendant quelques instants, l’esquisse d’une vie de famille se dessine. Jeanne l’illustre et se réjouit.

 

Mais la cohabitation entre Eudoxie, la mère de Jeanne réticente à leur union, et le peintre colérique, capricieux et alcoolique se passe mal. Il part s’installer à l’hôtel pour fuir sa compagne et sa belle-mère.

Le 29 novembre 1918, Jeanne accouche d’une petite fille, prénommée également Jeanne. Bien qu’Amadeo ne reconnaisse pas l’enfant en raison de problèmes de papiers, le couple est heureux de cette naissance. Cependant, ils peinent encore à gagner de l’argent. Ils décident de retourner à Paris à l’été 1919, et se remettent à peindre ensemble.

 

Femme au chapeau cloche, 1919

Mais leur relation tumultueuse et leurs problèmes financiers les embourbent et affectent leur quotidien. Ils prennent alors la difficile décision de placer leur fille chez une nourrice. Jeanne sombre dans la dépression.

 

IV/ Sans issue

 

Quelques mois après la naissance de ce premier enfant, Jeanne est à nouveau enceinte. Elle se peint poignardée, alitée. Sa santé mentale se dégrade.

 

À l’automne, Modigliani participe à des exposition à Paris et à Londres. Il rencontre enfin le début du succès qu’il cherche depuis si longtemps. Il promet à Jeanne une nouvelle vie avec leurs deux enfants, où ils se marieraient et s’installeraient en Italie.

Mais le destin décide autrement. Le peintre apprend qu’il a une méningite pulmonaire, ses jours sont comptés. Jeanne le dessine allongé, malade. Elle le veille, reste à ses côtés tandis qu’il délire et souffre.

 

Le 24 janvier 1920, il décède.

Jeanne, enceinte de huit mois, est désespérée. Ses parents, qui refusent de s’occuper de la dépouille de celui qu’ils surnomment « le petit juif », acceptent d’accueillir leur fille chez eux. Son frère André tente de la réconforter. Mais le 26 janvier, dans la nuit, alors que tout le monde dort, Jeanne se jette par la fenêtre du 5e étage.

 

10 ans après leur mort, les parents de Jeanne acceptent enfin que Jeanne soit inhumée aux côtés de Modigliani.

 

C’est en 1992, à la mort d’André Hébuterne, que les oeuvres de Jeanne sont découverts dans la cave de son appartement. On découvre alors que celle qui n’était vue que comme une muse était elle-même une artiste.

 

sources :

https://www.arte.tv/fr/videos/079434-001-A/l-amour-a-l-oeuvre-jeanne-hebuterne-et-amedeo-modigliani/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_H%C3%A9buterne

L’oeuvre de la quinzaine | Soo Sunny Park

Soo Sunny Park est une artiste Coréenne Américaine. Elle est née à Séoul et a déménagé à Marietta, Georgia à l’âge de 10 ans, avant de s’installer à Orlando en Floride. Elle est diplômée du College of Art and Design de Colombus (Ohio) et de la Cranbrook Academy of Art de Bloomfield Hills (Michigan). Elle habite maintenant dans le New Hampshire et enseigne au Dartmouth College.
Son oeuvre riche et poétique se compose de sculptures et d’installations.
Pour cette oeuvre de la quinzaine, nous avons choisi de vous présenter l’installation « Unwoven Light » (Lumière Décousue).
Nous avons traduit le texte qui accompagne cette oeuvre sur son site.

« On ne voit que ce que la lumière révèle. Ce faisant, cependant, la lumière elle-même se tient à l’écart. Quand nous regardons, nous ne remarquons pas autant la lumière que les choses que la lumière nous donne à voir. Cette oeuvre explore le potentiel qu’a la lumière en tant qu’élément structurel de la sculpture. L’aspect tissé du grillage, agrémenté de diamands de plexiglas, effiloche la lumière. Maintenant nous pouvons la voir – cette lumière – dans les ombres violettes et les réflections jaunes-vertes qui révèlent la forme du grillage et qui restructurent l’espace qu’elle habite.

Les grillages et les vitrages sont des frontières poreuses.
Ce sont les limites entre ce qui est vôtre et ce qui est mien, l’intérieur et l’extérieur, mais les deux laissent passer la lumière.
Ici, ces frontières ne nous divisent pas, ne divisent pas l’espace que l’on occupe ; les grillages et les vitrages divisent la lumière.
Nous marchons en elles tandis qu’elles forcent la lumière à se montrer : à habiter et à structurer notre espace. »

https://www.soosunnypark.com/

L’artiste de la quinzaine | Lynette Yiadom-Boakye

Lynette Yiadom-Boakye est une peintre anglaise. Nous avons traduit le texte sur le site de sa galerie pour vous présenter son oeuvre.

« Les peintures à l’huile de Lynette Yiadom-Boakye s’axent sur des personnages de fiction qui existent en dehors de moments où d’endroits spécifiques. Dans une interview de 2010 avec le New York Times Magazine, Yiadom-Boakye décrit ses compositions comme des « suggestions de personnes… Iels ne partagent pas nos problèmes et nos préoccupations ou nos angoisses. Iels sont ensemble, autre part. » Cette absence de détermination narrative laisse le travail ouvert aux projections de l’imagination du / de la regardeur.euse.

Ses peintures s’ancrent dans des considérations formelles traditionnelles telles que la ligne, la couleur et le format, et peuvent être une réflexion sur le médium lui-même, mais les sujets et la manière dont la peinture est utilisée est résolument contemporaine. Les peintures de Yiadom-Boakye sont habituellement faite en un jour pour mieux capturer le unique moment d’un flux de conscience.

Le fait que ses personnages soient majoritairement Noir.e.s attire souvent l’attention. Dans une récente interview avec Hans Ulrich Obrist dans Kaleidoscope, elle explique « La race est une chose que je peux complètement manipuler, ou réinventer, ou utiliser comme bon me semble. Et aussi, iels sont Noir.e.s parce que… je ne suis pas blanche. » Cependant Yiadom-Boakye maintient : « les gens sont tenté.e.s de politiser le fait que je peigne des personnages Noir.e.s, et la complexité de ce fait est une partie essentielle de mon travail. Mais mon point de départ est toujours le langage de la peinture elle-même et la manière dont celui-ci se rapporte au sujet abordé. »

Yiadom-Boakye est née en 1977 à Londres et y habite actuellement. Elle a étudié au Central Saint Martin Arts College, au Falmouth College of Arts et à la Royal Academy Schools. »