L’oeuvre de la quinzaine | Dain Yoon / @designdain

Pour l’oeuvre de la quinzaine, nous vous présentons la peintre-illusionniste-maquilleuse Dain Yoon, connue sous l’alias de @designdain sur instagram. Nous avons traduit le texte de présentation sur son site, accompagné d’une sélection d’images :

 

Dain Yoon considère que son art de l’illusion reflète la façon dont les gens font l’expérience du monde.

« Les gens vivent dans des illusions », dit l’artiste de 24 ans originaire de Seoul, Corée du Sud. « Les gens perçoivent tout de leur propre manière subjective ».

Dain Yoon utilise le pseudo designdain sur Instagram, où elle montre ses belles peintures trompe l’oeil, peintes sur son corps ou sur son visage. Bien que son art ait l’air photoshoppé, il est en fait 100% authentique. Ses illusions parfaites d’yeux, de bouches et de visages provoquent chez beaucoup une longue contemplation, un sentiment de vertige ou encore une certaine frayeur.

Depuis l’enfance, Dain a un talent pour la peinture. Son talent lui a permis d’étudier dans les écoles d’art les plus prestigieuses de la Corée du Sud : le lycée d’art de Séoul Yewon et l’Université Nationale Coréenne des Arts, dont elle a chaque fois été diplômée première de sa promotion.

Cependant, une grande maîtrise de la peinture n’est ici que la moitié de l’équation magique.

Le sens aigu de l’observation et la fascination de Yoon pour la complexité des êtres humains est ce qui élève son art à un niveau supérieur : « Le véritable visage se révèle sous la main qui le cachait, révélant que la première impression que l’on a d’une personne ne dévoile pas tout ».

Avec « l’art de l’illusion », Yoon a exploré diverses manières d’exprimer de manière éloquente les multiples facettes d’une personne. Elle explore aussi les sensations qui émergent de son éducation au sein d’une famille d’artistes. Avec une mère artiste et un père qui travaille dans l’architecture, la famille a grandement influencé l’exploration artistique de son médium favori : la peinture.

Pour ce qui est de l’inspiration, Dain adopte un point de vue humble : « Tout, même dans la vie ordinaire, pourrait être source d’une grande inspiration… Du moment qu’on adopte une perspective unique. »

 

Exposition FRONTIÈRE/S

 

 

Le week-end du 15 juin, le collectif Prenez Ce Couteau présente l’exposition FRONTIÈRE/S !

 

Pour cette troisième exposition, nous avons choisi le thème « FRONTIÈRE/S » et avons sélectionné 18 propositions en tentant de rassembler plusieurs points de vues sur cette notion : habiter la frontière, traverser la frontière, crossroads, harragas, exilé.e.s, frontières linguistiques, sexuelles, psychologiques, culturelles, métaphoriques ou physiques… le tout exprimé via différents arts : vidéo, peinture, performance, photographie, danse…

 

L’exposition aura lieu le week-end du 14 – 15 – 16 juin Au Landy Sauvage / ex-Clos Sauvage. Venez nombreuxses !

 

– LE PROGRAMME –

>>> vendredi 14 juin :

Vernissage à partir de 18h30, avec buffet végétarien à prix libre !

La performance de Sagia Bassaid et la danse de Karima El Amrani auront lieu au cours de la soirée (horaires à venir).

>>> samedi 15 juin :

L’expo est ouverte à partir de 14h. Possibilité de venir plus tôt sur rdv.

Projection de la vidéo de danse de Karima El Amrani à 18h

La pièce de Dana Fiaque sera jouée à 20h dans l’espace d’exposition.

>>> dimanche 16 juin :

L’expo est ouverte de 14h à 18h30 ou bien sur rendez-vous.

Projection de la vidéo de danse de Karima El Amrani à 15h

 

– ACCÈS –

Au Landy Sauvage / ex-Clos Sauvage

166 rue du Landy

Saint-Denis

Métro : ligne 13, Carrefour Pleyel (moins de 10mn à pied)

RER D : Stade de France – Saint-Denis (moins de 10mn à pied)

RER B : La Plaine – Stade de France (15mn à pied)

bus 139 et 173 arrêt Landy – Pleyel (2mn à pied)

bus 255 arrêt Landy – Ornano (2mn à pied)

 

L’espace est accessible aux personnes à mobilité réduite.

 

En espérant vous y voir,

 

Un beau mois de juin à vous !

Jeanne Hébuterne

Jeanne Hébuterne est une peintre du début du XXe siècle, connue pour sa relation avec Amedeo Modigliani. On se souvient d’elle surtout au travers de ce rôle de muse et de sa fin tragique, mais elle était elle-même une artiste, et a laissé derrière elle de nombreuses oeuvres malgré sa mort précoce. Nous vous présentons son travail dans cette biographie illustrée par Manon Bauzil.

 

I/ L’enfance dessinée : 

 

par bauz1992

Jeanne Hébuterne naît le 6 avril 1898 dans une famille bourgeoise catholique à Meaux.

Très jeune, elle montre un certain talent pour le dessin, et ambitionne d’être artiste. Elle aime dessiner son quotidien, sa famille, ses habitudes d’enfant. On y entrevoit le caractère colérique de son père, ainsi que son éducation religieuse et stricte.

 

Cet intérêt pour l’art, c’est de famille : son frère André Hébuterne est lui-même peintre paysagiste.

La jeune fille étudie la peinture et le dessin à l’Académie Colarossi, dans le quartier de Montparnasse. En raison de sa peau très blanche et de ses cheveux roux foncé, ses amis la surnomment « noix de coco ». Elle sert de modèle pour certains peintres, comme Léonard Foujita.

 

II/ La rencontre amoureuse et la peinture :

 

Elle a 17 ans lorsqu’elle rencontre Amedeo Modigliani, qui a 14 ans de plus qu’elle. Venu d’Italie en 1906, il est passionné de peinture, et a un penchant pour la drogue et l’alcool.

Les parents de Jeanne voient cette relation d’un très mauvais oeil. La toxicomanie, l’âge et la situation financière du peintre sont pour eux des éléments négatifs, mais la cerise sur le gâteau, c’est qu’il est juif : s’en est trop pour cette famille catholique traditionnelle de la France antisémite du début du XXe. Quelques mois après la rencontre, Jeanne coupe les ponts avec ses parents, et décide d’emménager avec son amant.

 

Autoportrait, 1916

Amedeo utilise Jeanne pour donner un nouveau souffle à son art. Elle devient sa modèle favorite, et sa jeunesse et sa santé le raccrochent à la vie. Il y a de toute évidence une dynamique de pouvoir entre eux deux : Jeanne est impressionnée par lui, encore mineure et isolée de ses parents. Il a un ascendant sur elle.

 

portrait de Modigliani à la pipe

Ensemble, ils pratiquent la peinture et le dessin. Elle le dessine, il la peint. Elle refuse à présent de poser pour qui que ce soit d’autre. Pourtant, elle ne se reconnaît pas dans ses peintures : il peint ses yeux bleus alors qu’ils sont verts, son visage longiligne alors qu’il est ovale. Il cherche en elle la figure parfaite.

Ils vivent dans un appartement-atelier qui appartient à un mécène de Modigliani. Jeanne sort peu, elle peint ce qu’elle voit par la fenêtre.

 

Elle fait des autoportraits, se représentant elle-même, hors du regard de son amant. Ensemble, ils partagent aussi certains modèles – amis, peignant leur version respectives des visages et des corps.

 

Portrait du peintre Soutine

C’est une sorte de huis-clos amoureux et créatif, mais l’argent vient à manquer. Modigliani est dépensier, et l’alcool lui prend beaucoup de ses revenus. Il sait qu’il fait du mal à Jeanne. « Jeannette, tu es trop jolie pour moi et trop fraîche, et tu pleures des larmes de lait. Tu devrais rentrer chez tes parents, tu n’est pas faite pour moi. », lui écrit-il.

 

III/ La famille en morceaux

 

En mars 1918, le couple quitte Paris qui vient d’être bombardée par l’Allemagne. Ils se rendent dans le Sud, à Nice, leur voyage financé par le mécène de Modigliani. Jeanne y apprend qu’elle est enceinte. Elle renoue alors avec sa mère, qui descend dans le Sud pour vivre avec eux, et être présente pour la grossesse de sa fille.

 

 

La vieille dame au collier ou Portrait d’Eudoxie Hébuterne , 1919

Pendant quelques instants, l’esquisse d’une vie de famille se dessine. Jeanne l’illustre et se réjouit.

 

Mais la cohabitation entre Eudoxie, la mère de Jeanne réticente à leur union, et le peintre colérique, capricieux et alcoolique se passe mal. Il part s’installer à l’hôtel pour fuir sa compagne et sa belle-mère.

Le 29 novembre 1918, Jeanne accouche d’une petite fille, prénommée également Jeanne. Bien qu’Amadeo ne reconnaisse pas l’enfant en raison de problèmes de papiers, le couple est heureux de cette naissance. Cependant, ils peinent encore à gagner de l’argent. Ils décident de retourner à Paris à l’été 1919, et se remettent à peindre ensemble.

 

Femme au chapeau cloche, 1919

Mais leur relation tumultueuse et leurs problèmes financiers les embourbent et affectent leur quotidien. Ils prennent alors la difficile décision de placer leur fille chez une nourrice. Jeanne sombre dans la dépression.

 

IV/ Sans issue

 

Quelques mois après la naissance de ce premier enfant, Jeanne est à nouveau enceinte. Elle se peint poignardée, alitée. Sa santé mentale se dégrade.

 

À l’automne, Modigliani participe à des exposition à Paris et à Londres. Il rencontre enfin le début du succès qu’il cherche depuis si longtemps. Il promet à Jeanne une nouvelle vie avec leurs deux enfants, où ils se marieraient et s’installeraient en Italie.

Mais le destin décide autrement. Le peintre apprend qu’il a une méningite pulmonaire, ses jours sont comptés. Jeanne le dessine allongé, malade. Elle le veille, reste à ses côtés tandis qu’il délire et souffre.

 

Le 24 janvier 1920, il décède.

Jeanne, enceinte de huit mois, est désespérée. Ses parents, qui refusent de s’occuper de la dépouille de celui qu’ils surnomment « le petit juif », acceptent d’accueillir leur fille chez eux. Son frère André tente de la réconforter. Mais le 26 janvier, dans la nuit, alors que tout le monde dort, Jeanne se jette par la fenêtre du 5e étage.

 

10 ans après leur mort, les parents de Jeanne acceptent enfin que Jeanne soit inhumée aux côtés de Modigliani.

 

C’est en 1992, à la mort d’André Hébuterne, que les oeuvres de Jeanne sont découverts dans la cave de son appartement. On découvre alors que celle qui n’était vue que comme une muse était elle-même une artiste.

 

sources :

https://www.arte.tv/fr/videos/079434-001-A/l-amour-a-l-oeuvre-jeanne-hebuterne-et-amedeo-modigliani/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_H%C3%A9buterne

L’oeuvre de la quinzaine | Soo Sunny Park

Soo Sunny Park est une artiste Coréenne Américaine. Elle est née à Séoul et a déménagé à Marietta, Georgia à l’âge de 10 ans, avant de s’installer à Orlando en Floride. Elle est diplômée du College of Art and Design de Colombus (Ohio) et de la Cranbrook Academy of Art de Bloomfield Hills (Michigan). Elle habite maintenant dans le New Hampshire et enseigne au Dartmouth College.
Son oeuvre riche et poétique se compose de sculptures et d’installations.
Pour cette oeuvre de la quinzaine, nous avons choisi de vous présenter l’installation « Unwoven Light » (Lumière Décousue).
Nous avons traduit le texte qui accompagne cette oeuvre sur son site.

« On ne voit que ce que la lumière révèle. Ce faisant, cependant, la lumière elle-même se tient à l’écart. Quand nous regardons, nous ne remarquons pas autant la lumière que les choses que la lumière nous donne à voir. Cette oeuvre explore le potentiel qu’a la lumière en tant qu’élément structurel de la sculpture. L’aspect tissé du grillage, agrémenté de diamands de plexiglas, effiloche la lumière. Maintenant nous pouvons la voir – cette lumière – dans les ombres violettes et les réflections jaunes-vertes qui révèlent la forme du grillage et qui restructurent l’espace qu’elle habite.

Les grillages et les vitrages sont des frontières poreuses.
Ce sont les limites entre ce qui est vôtre et ce qui est mien, l’intérieur et l’extérieur, mais les deux laissent passer la lumière.
Ici, ces frontières ne nous divisent pas, ne divisent pas l’espace que l’on occupe ; les grillages et les vitrages divisent la lumière.
Nous marchons en elles tandis qu’elles forcent la lumière à se montrer : à habiter et à structurer notre espace. »

https://www.soosunnypark.com/

L’artiste de la quinzaine | Lynette Yiadom-Boakye

Lynette Yiadom-Boakye est une peintre anglaise. Nous avons traduit le texte sur le site de sa galerie pour vous présenter son oeuvre.

« Les peintures à l’huile de Lynette Yiadom-Boakye s’axent sur des personnages de fiction qui existent en dehors de moments où d’endroits spécifiques. Dans une interview de 2010 avec le New York Times Magazine, Yiadom-Boakye décrit ses compositions comme des « suggestions de personnes… Iels ne partagent pas nos problèmes et nos préoccupations ou nos angoisses. Iels sont ensemble, autre part. » Cette absence de détermination narrative laisse le travail ouvert aux projections de l’imagination du / de la regardeur.euse.

Ses peintures s’ancrent dans des considérations formelles traditionnelles telles que la ligne, la couleur et le format, et peuvent être une réflexion sur le médium lui-même, mais les sujets et la manière dont la peinture est utilisée est résolument contemporaine. Les peintures de Yiadom-Boakye sont habituellement faite en un jour pour mieux capturer le unique moment d’un flux de conscience.

Le fait que ses personnages soient majoritairement Noir.e.s attire souvent l’attention. Dans une récente interview avec Hans Ulrich Obrist dans Kaleidoscope, elle explique « La race est une chose que je peux complètement manipuler, ou réinventer, ou utiliser comme bon me semble. Et aussi, iels sont Noir.e.s parce que… je ne suis pas blanche. » Cependant Yiadom-Boakye maintient : « les gens sont tenté.e.s de politiser le fait que je peigne des personnages Noir.e.s, et la complexité de ce fait est une partie essentielle de mon travail. Mais mon point de départ est toujours le langage de la peinture elle-même et la manière dont celui-ci se rapporte au sujet abordé. »

Yiadom-Boakye est née en 1977 à Londres et y habite actuellement. Elle a étudié au Central Saint Martin Arts College, au Falmouth College of Arts et à la Royal Academy Schools. »

L’oeuvre de la quinzaine | Ren Hang

À l’occasion de l’exposition des oeuvres de Ren Hang à la MEP à Paris, nous vous présentons l’oeuvre de ce photographe chinois. Mort par suicide en 2017, cet artiste est connu pour ses photographies aux flash de corps nus. Il y montre un rapport éclatant à la nature, et entoure souvent ses modèles d’animaux. Le rapport au corps et à la nudité est ludique et franc. Voici quelques-unes de ses images.

 

 

Vous pouvez voir davantage de photos sur sa page instagram, restée en ligne.

Julia Margaret Cameron

Julia Margaret Cameron est une photographe anglaise. Elle est l’une des premières personnes à avoir utilisé la photographie comme mise en scène et non comme image purement documentaire. Elle a commencé à photographier à l’âge de 48 ans.

 

Illustration : Manon Bauzil @bauz1992

Julia Margaret Pattle est née le 11 juin 1815 à Calcutta, en Inde, qui est a l’époque colonisée par l’empire britannique. Son père est un fonctionnaire anglais et sa mère une aristocrate française.

Elle est éduquée entre la France et l’Angleterre avec ses six soeurs et son frère.

Malgré l’éducation rigide de leur classe sociale, les soeurs Pattle ont la réputation d’être extravagantes et aventureuses, un trait de personnalité que Julia gardera toute sa vie.

 

Après avoir terminé son éducation, Julia retourne en Inde en 1834. Elle y rencontre son mari Charles Hay Cameron, un juriste de vingt ans son aîné. Ensemble, ils s’installent à Calcutta.. C’est là qu’elle se lie d’amitié avec John Herschel, un pionnier de la photographie, qui aura une influence sur son amour pour cet art. Il a entre autre introduit les termes de « négatif » et « positif », a inventé le cyanotype et le chrysotype.

Lorsque Charles prend sa retraite en 1848, le couple et leurs six enfants déménagent en Angleterre et s’installent à Londres. La soeur de Julia, Sarah, y vit depuis des années et y organise des salons fréquentés par de nombreux artistes et écrivains, un cercle social auquel Julia se mêle. Elle fait ainsi connaissance avec des personnalités de l’époque, comme Dante Gabriel Rossetti ou John Ruskin. Julia peut laisser libre court à sa personnalité à la fois habitée par un certain anticonformisme et un désir de progrès social et par un attachement à la tradition, à la religion et à la famille.

Cette effervescence sociale prend fin en 1860, lorsque la famille déménage à Freshwater Bay. Même si elle a quelques ami-e-s à proximité, Julia se retrouve souvent seule, son mari et ses fils se rendant fréquemment en Inde pour s’occuper de la plantation de café familiale. Elle sombre alors dans une dépression.

 

C’est en 1863, à l’âge de 48 ans, que Julia commence à pratiquer la photographie. Cela part d’un cadeau fait par sa fille : un appareil photographique. Elle espère l’aider à remonter la pente, en lui écrivant ce mot avec le cadeau : « Tu aimeras peut-être, maman, tenter quelques photographies pendant ton séjour solitaire à Freshwater. »

 

Julia se lance alors avec passion dans cet art. Elle est aidée par ce que lui a appris John Herschel et par son ami photographe et peintre David Wilkie Wynfield, qui lui transmet sa technique pour avoir une faible profondeur de champ. Elle transforme son poulailler en un studio photo.

En janvier 1864, avec la technique du collodion, elle réalise sa première image : un portrait d’Annie Philpot, l’enfant d’habitants de Freshwater. C’est son « premier succès ». « J’étais transportée par la joie. J’ai couru dans toute la maison pour chercher des cadeaux pour cette enfant. J’avais le sentiment que c’était elle qui avait tout fait pour créer cette photographie. »

 

Annie

Par la suite, elle convainc certaines personnes de son entourage de poser pour elle, notamment des personnes célèbres de l’époque…

 

 

…mais aussi des parents et domestiques. Sa femme de chambre, Mary Hillier, est un de ses modèles préférés. Elle deviendra par la suite son assistante de photographie. On peut la voir sur les photographies ci-dessous :

 

 

Elle fait aussi souvent poser une certaine Mary Ryan, fille d’un mendiant qu’elle adoptera par la suite. Voici certaines photos où elle figure :

 

 

Un an après ses débuts photographiques, elle intègre la Photographic Society of London and Scotland.

Julia Margaret Cameron est résolument l’une des premières personnes à avoir détourné la photographie de son utilité purement documentaire pour faire des mises en scènes, de portraits oniriques et faire flirter l’image entre réalité et rêve.

« J’ai vu la beauté dans des lieux publics et je l’ai trouvée parmi les musiciens, dans les rues. Ma cuisinière était une mendiante et j’en ai fait une reine. Ma gouvernante vendait des lacets pour les chaussures à Charing Cross… Mon cocher volait des oeufs et était en prison. Maintenant, il est assis à une table dans le rôle de Cupidon. »

Parmi ses modèles féminins récurrents, on trouve notamment sa nièce Julia Jackson (qui deviendra la mère de Virginia Woolf), ainsi qu’Alice Liddell, qui est connue pour avoir inspiré le personnage d’Alice au Pays de Merveilles à Lewis Caroll.

 

Alice Liddell en Pomona

 

Son style est reconnaissable par ses effets de flou. « Qu’est-ce que la netteté ? » dit-elle « Qui peut dire quelle est la netteté juste et légitime ? ». La réputation de la photographe court dans son entourage, et elle ne manque pas de modèles, dont elle cherche à atteindre « la fenêtre de leur âme ». Malgré certaines critiques, elle maintient son style particulier. « Quand je mettais au point  et m’approchais de quelque chose qui, à mes yeux, était très beau, je m’arrêtais, au lieu de régler la lentille pour obtenir la netteté plus grande sur laquelle insistent tous les autres. »

 

 

Elle aime représenter des tableaux vivants, des scènes bibliques, de poèmes ou de pièces de théâtre. Elle prend aussi de belles photographies d’enfants.

 

 

« Mon inspiration, c’est d’ennoblir la Photographie en lui assurant le caractère et les usages du Grand Art, en combinant le réel et l’idéal, et en ne sacrifiant rien de la Vérité avec toute la dévotion possible à la Poésie et à la beauté. »

 

 

En 1875, elle déménage à nouveau dans les colonies britanniques pour s’installer à Ceylan (maintenant Sri Lanka). Elle continue à pratiquer la photographie, mais de manière moins prolifique. Peu d’images de cette période ont été conservées.

 

Jeune femme travailleuse sur une plantation à Ceylan

 

Elle meurt en 1879 et est inhumée à Ceylan, conformément à ses souhaits. Bien que son travail ait été relativement connu à son époque, il reste réservé à un petit cercle jusqu’en 1948, année où l’historien d’art spécialisé dans la photographie Helmut Gernsheim écrit un livre sur son travail. Dans les années 2000, des publications et rétrospectives lui ont été consacrées.

 

sources :

https://en.wikipedia.org/wiki/Julia_Margaret_Cameron

« femmes photographes – émancipation et performance (1850-1940) » de Federica Muzzarelli, éditions Hazan 2009

https://collections.vam.ac.uk/item/O81145/annie-photograph-cameron-julia-margaret/

L’oeuvre de la quinzaine | les illustrations de Deedee Cheriel

Pour cette oeuvre de la quinzaine, nous vous faisons découvrir les illustrations bigarrées et poétiques de Deedee Cheriel.

Traduction du texte sur son site :

« Nalini « Deedee » Cheriel est une artiste visuelle qui a débuté en créant des pochettes d’album et des t-shirt pour la scène musicale de l’Oregon au début des années 90. Née dans la ville hippie d’Eugene, dans l’Oregon, elle a créé son propre groupe et sa maison de disque à 19 ans. Influencée par la culture populaire DYI de l’époque, elle a joué dans de nombreux groupes musicaux féminins (…) et a co-créé un film semi-autobiographique « Down and Out with the Dolls ». L’artiste a vécu et a étudié à l’étranger : en Honduras, au Chili, en Angletterre, au Portugal, en Espagne et en Inde, dont elle est originaire.

Résidant maintenant à Los angeles, le travail de Cheriel explore des thématiques qui reconnaissent l’urgence et le conflit de nos tentatives continuelles de nous connecter au monde. Portée par des influences opposées tells que l’imagerie des temples de l’Est Indien, le punk rock et son environnement naturel du Pacific Northwest, ses images sont des indications de la manière dont nous nous connectons aux autres, et comment ces efforts satiriques et héroïques sont à la fois des épisodes de compassion et d’inconfort. Les vifs éléments dérivés de paysages – urbains comme naturels – et la pop culture suggèrent la capacité à trouver des points communs et des relations entre nous-mêmes et notre environnement qui confirment inévitablement notre plus grande humanité et notre quête d’amour. »

L’oeuvre de la quinzaine | photographies après l’accouchement, Rineke Dijkstra, 1994

Rineke Dijkstra est une photographe néerlandaise née en 1959. Elle vit et travaille à Amsterdam. Son travail photographique est connu et a été exposé dans de nombreux musées et institutions culturelles. Elle fait des portraits frontaux, la plupart du temps d’une personne seule, sans mise en scène ou faux-semblants. Pour l’oeuvre de la quinzaine, nous avons choisi de vous présenter une série de trois portraits de femmes venant d’accoucher.

« En tant que photographe, vous étoffez ou vous mettez l’accent sur un instant, le transformant en une autre réalité. Par exemple, ces portraits que j’ai fait de femmes venant de donner naissance : la réalité de cette expérience, c’est l’atmosphère entière, qui est chargée d’émotion. Dans la photographie, vous pouvez scruter des détails, ce qui rend cela un peu rude : vous pouvez y voir des choses auxquelles vous n’auriez d’habitude pas prêté grande attention. »