L’oeuvre de la quinzaine | Soo Sunny Park

Soo Sunny Park est une artiste Coréenne Américaine. Elle est née à Séoul et a déménagé à Marietta, Georgia à l’âge de 10 ans, avant de s’installer à Orlando en Floride. Elle est diplômée du College of Art and Design de Colombus (Ohio) et de la Cranbrook Academy of Art de Bloomfield Hills (Michigan). Elle habite maintenant dans le New Hampshire et enseigne au Dartmouth College.
Son oeuvre riche et poétique se compose de sculptures et d’installations.
Pour cette oeuvre de la quinzaine, nous avons choisi de vous présenter l’installation « Unwoven Light » (Lumière Décousue).
Nous avons traduit le texte qui accompagne cette oeuvre sur son site.

« On ne voit que ce que la lumière révèle. Ce faisant, cependant, la lumière elle-même se tient à l’écart. Quand nous regardons, nous ne remarquons pas autant la lumière que les choses que la lumière nous donne à voir. Cette oeuvre explore le potentiel qu’a la lumière en tant qu’élément structurel de la sculpture. L’aspect tissé du grillage, agrémenté de diamands de plexiglas, effiloche la lumière. Maintenant nous pouvons la voir – cette lumière – dans les ombres violettes et les réflections jaunes-vertes qui révèlent la forme du grillage et qui restructurent l’espace qu’elle habite.

Les grillages et les vitrages sont des frontières poreuses.
Ce sont les limites entre ce qui est vôtre et ce qui est mien, l’intérieur et l’extérieur, mais les deux laissent passer la lumière.
Ici, ces frontières ne nous divisent pas, ne divisent pas l’espace que l’on occupe ; les grillages et les vitrages divisent la lumière.
Nous marchons en elles tandis qu’elles forcent la lumière à se montrer : à habiter et à structurer notre espace. »

https://www.soosunnypark.com/

L’artiste de la quinzaine | Lynette Yiadom-Boakye

Lynette Yiadom-Boakye est une peintre anglaise. Nous avons traduit le texte sur le site de sa galerie pour vous présenter son oeuvre.

« Les peintures à l’huile de Lynette Yiadom-Boakye s’axent sur des personnages de fiction qui existent en dehors de moments où d’endroits spécifiques. Dans une interview de 2010 avec le New York Times Magazine, Yiadom-Boakye décrit ses compositions comme des « suggestions de personnes… Iels ne partagent pas nos problèmes et nos préoccupations ou nos angoisses. Iels sont ensemble, autre part. » Cette absence de détermination narrative laisse le travail ouvert aux projections de l’imagination du / de la regardeur.euse.

Ses peintures s’ancrent dans des considérations formelles traditionnelles telles que la ligne, la couleur et le format, et peuvent être une réflexion sur le médium lui-même, mais les sujets et la manière dont la peinture est utilisée est résolument contemporaine. Les peintures de Yiadom-Boakye sont habituellement faite en un jour pour mieux capturer le unique moment d’un flux de conscience.

Le fait que ses personnages soient majoritairement Noir.e.s attire souvent l’attention. Dans une récente interview avec Hans Ulrich Obrist dans Kaleidoscope, elle explique « La race est une chose que je peux complètement manipuler, ou réinventer, ou utiliser comme bon me semble. Et aussi, iels sont Noir.e.s parce que… je ne suis pas blanche. » Cependant Yiadom-Boakye maintient : « les gens sont tenté.e.s de politiser le fait que je peigne des personnages Noir.e.s, et la complexité de ce fait est une partie essentielle de mon travail. Mais mon point de départ est toujours le langage de la peinture elle-même et la manière dont celui-ci se rapporte au sujet abordé. »

Yiadom-Boakye est née en 1977 à Londres et y habite actuellement. Elle a étudié au Central Saint Martin Arts College, au Falmouth College of Arts et à la Royal Academy Schools. »

L’oeuvre de la quinzaine | Ren Hang

À l’occasion de l’exposition des oeuvres de Ren Hang à la MEP à Paris, nous vous présentons l’oeuvre de ce photographe chinois. Mort par suicide en 2017, cet artiste est connu pour ses photographies aux flash de corps nus. Il y montre un rapport éclatant à la nature, et entoure souvent ses modèles d’animaux. Le rapport au corps et à la nudité est ludique et franc. Voici quelques-unes de ses images.

 

 

Vous pouvez voir davantage de photos sur sa page instagram, restée en ligne.

L’oeuvre de la quinzaine | les illustrations de Deedee Cheriel

Pour cette oeuvre de la quinzaine, nous vous faisons découvrir les illustrations bigarrées et poétiques de Deedee Cheriel.

Traduction du texte sur son site :

« Nalini « Deedee » Cheriel est une artiste visuelle qui a débuté en créant des pochettes d’album et des t-shirt pour la scène musicale de l’Oregon au début des années 90. Née dans la ville hippie d’Eugene, dans l’Oregon, elle a créé son propre groupe et sa maison de disque à 19 ans. Influencée par la culture populaire DYI de l’époque, elle a joué dans de nombreux groupes musicaux féminins (…) et a co-créé un film semi-autobiographique « Down and Out with the Dolls ». L’artiste a vécu et a étudié à l’étranger : en Honduras, au Chili, en Angletterre, au Portugal, en Espagne et en Inde, dont elle est originaire.

Résidant maintenant à Los angeles, le travail de Cheriel explore des thématiques qui reconnaissent l’urgence et le conflit de nos tentatives continuelles de nous connecter au monde. Portée par des influences opposées tells que l’imagerie des temples de l’Est Indien, le punk rock et son environnement naturel du Pacific Northwest, ses images sont des indications de la manière dont nous nous connectons aux autres, et comment ces efforts satiriques et héroïques sont à la fois des épisodes de compassion et d’inconfort. Les vifs éléments dérivés de paysages – urbains comme naturels – et la pop culture suggèrent la capacité à trouver des points communs et des relations entre nous-mêmes et notre environnement qui confirment inévitablement notre plus grande humanité et notre quête d’amour. »

L’oeuvre de la quinzaine | photographies après l’accouchement, Rineke Dijkstra, 1994

Rineke Dijkstra est une photographe néerlandaise née en 1959. Elle vit et travaille à Amsterdam. Son travail photographique est connu et a été exposé dans de nombreux musées et institutions culturelles. Elle fait des portraits frontaux, la plupart du temps d’une personne seule, sans mise en scène ou faux-semblants. Pour l’oeuvre de la quinzaine, nous avons choisi de vous présenter une série de trois portraits de femmes venant d’accoucher.

« En tant que photographe, vous étoffez ou vous mettez l’accent sur un instant, le transformant en une autre réalité. Par exemple, ces portraits que j’ai fait de femmes venant de donner naissance : la réalité de cette expérience, c’est l’atmosphère entière, qui est chargée d’émotion. Dans la photographie, vous pouvez scruter des détails, ce qui rend cela un peu rude : vous pouvez y voir des choses auxquelles vous n’auriez d’habitude pas prêté grande attention. »

L’oeuvre de la quinzaine | les autoportraits de Mequitta Ahuja

Mequitta Ahuja est née en 1976 à Grand Rapids, dans le Michigan, d’un père Indien et d’une mère Afro-Américaine. Elle grandit dans une communauté majoritairement blanche. Cela l’a poussée à se questionner sur son identité, et l’autoportrait est la dominante de son oeuvre. Nous avons sélectionné un échantillon d’oeuvres et traduit le texte de son site internet (que nous vous invitons à visiter !), qui explique sa démarche.

« Je transforme l’autoportrait de l’artiste, en particulier l’autoportrait de la femme de couleur – longtemps définie par cette identité – en une réflexion sur la création d’image. Je fais cela en cataloguant visuellement les codes de la peinture et en leur donnant de nouvelles significations. Je simplifie la forme, et j’inclus les motifs traditionnels tels que les gestes des mains, les mouvements du tissu, les jeux de regard avec le/a regardeur/euse, le papier froissé présenté en trompe-l’oeil, l’architecture racontant une histoire, la perspective cavalière et la figure allégorique. Je mets l’accent à la fois sur l’aspect conceptuel et physique de la peinture en montrant mon modèle lisant, écrivant et s’occupant de ses toiles dans l’atelier. En créant des images dans l’image, je décris les nombreux aspects de la peinture – abstraction, texte, naturalisme, description schématique, planéité graphique et illusion. Je donne un nouveau sens aux idées et approches picturales qui ont jalonné l’Histoire de la peinture, notamment les hiéroglyphes Egyptiens, les fresques de Giotto, la figuration Hindoue et les premières peintures Américaines. Je positionne cette variété de styles artistiques au sein du contexte de la peinture figurative, et je remplace l’autoportrait habituel – l’artiste debout devant son chevalet – par un large portrait du travail de peinture. En travaillant stratégiquement avec les nombreuses formes et les divers passés de la peinture, je mêle mes préoccupations personnelles et picturales contemporaines à la discussion séculaire de la représentation. »

L’oeuvre de la quinzaine | Lady Pink, reine du graffiti

Pour cette oeuvre de la quinzaine, on met en lumière le travail de Lady Pink, pionnière du graffiti et de l’art mural féminin. Nous avons traduit le texte qui est sur son site pour vous la présenter.

Lady Pink est née en Equateur et a été élevée à New York. Elle réside maintenant à la campagne au nord de la ville. En 1979, elle a commencé à faire des graffiti et a vite été connue comme la seule femme capable de rivaliser avec les garçons de la sous-culture du graffiti. Pink a peint des rames de métro entre 1979 et 1985. En 1982 elle a joué le rôle principal dans le film « Wild Style ». Ce rôle et d’autres contributions significatives dans le graffiti ont fait d’elle une figure culte de la subculture hip-hop.

Au lycée, elle exposait déjà ses peintures dans des galeries d’art, et à l’âge de 21 ans elle a eu sa première exposition personnelle au Moore College of Art. En tant que participante majeure dans la montée de l’art du graffiti, les toiles de Lady Pink sont entrée dans d’importantes collections artistiques telles que le Whitney Museum, le MET à New York, le Brooklyn Museum ou encore le Musée Groningen de Hollande. Elle s’est établie dans le monde des beaux-arts, et ses peintures sont très prisées par les collectionneur-euses.

Aujourd’hui, Lady Pink continue de créer de nouvelles peintures sur toile qui expriment sa vision personnelle unique. Elle partage aussi ses 30 années d’expérience avec des adolescent-e-s en organisant des ateliers de peinture murale et en donnant des conférences à des étudiant-e-s du monde entier.

L’oeuvre de la quinzaine | Open Mind de Johnson Tsang

Traduction du texte  « Johnson Tsang’s Mind-Bending Sculptures » écrit par Monika Mróz pour Ignant

Né à Hong Kong en 1960, l’artiste Johnson Tsang mêle ses techniques sculpturales réalistes à son incroyable imagination surréaliste.

(…)Tsang repousse les limites de l’imagination du regardeur. Tantôt fantasques, lyriques et provocants, ses travaux intègrent deux éléments : « être humains » et « objets », transformés en thèmes créatifs par l’artiste. (…) « Open Mind », une série de sculptures se focalisant sur des visages humains, capture la fluidité du mouvement physique et de l’émotion humaine tout en nous poussant à renouveler notre regard sur le monde.

 

Une sélection des sculptures. Pour en voir plus, visitez le site de l’artiste.

 

L’oeuvre de la quinzaine | Paula Rego, Untitled : The Abortion Pastels

 

Pour l’oeuvre de la quinzaine, nous avons choisi la série de pastels « Untitled : The Abortion Pastels » (Sans Titre : Pastels sur l’Avortement), de Paula Rego.

Paula Rego est une artiste portugaise née en 1935. Elle vit à Londres depuis 1958, où elle a une carrière prolifique.

Cette série de pastels a été produite entre juillet 1998 et février 1999, suite à un référendum sur la dépénalisation de l’IVG qui fut refusé par une très courte majorité. Dans une interview avec Ana Marques Gastaõ en 2002, l’artiste explique sa motivation : « [cette série] est née de mon indignation… Il est impensable que les femmes qui avortent soient considérées comme des criminelles. Cela me rappelle le passé… Je ne peux pas supporter l’idée de lier une notion de culpabilité à cet acte. Ce que chaque femme souffre d’avoir à faire est bien assez. Mais tout cela découle du passé totalitaire du Portugal, des femmes vêtues de tabliers, faisant des gâteaux comme de bonnes femmes au foyer. Dans le Portugal démocratique d’aujourd’hui il y a toujours une forme subtile d’oppression… La question de l’avortement fait partie de tout ce contexte violent. »

La force de ces pastels, c’est aussi la frontalité avec laquelle Paula Rego aborde le sujet, sans faux-semblants ni dramatisation ; ces personnes, qui semblent toutes venir de différentes couches de la société, sont sûres de leur choix.

Les peintures de Paula Rego sont exposées en ce moment au Musée de l’Orangerie à Paris, jusqu’au 14 janvier 2019.