L’oeuvre de la quinzaine | Ren Hang

À l’occasion de l’exposition des oeuvres de Ren Hang à la MEP à Paris, nous vous présentons l’oeuvre de ce photographe chinois. Mort par suicide en 2017, cet artiste est connu pour ses photographies aux flash de corps nus. Il y montre un rapport éclatant à la nature, et entoure souvent ses modèles d’animaux. Le rapport au corps et à la nudité est ludique et franc. Voici quelques-unes de ses images.

 

 

Vous pouvez voir davantage de photos sur sa page instagram, restée en ligne.

L’oeuvre de la quinzaine | les illustrations de Deedee Cheriel

Pour cette oeuvre de la quinzaine, nous vous faisons découvrir les illustrations bigarrées et poétiques de Deedee Cheriel.

Traduction du texte sur son site :

« Nalini « Deedee » Cheriel est une artiste visuelle qui a débuté en créant des pochettes d’album et des t-shirt pour la scène musicale de l’Oregon au début des années 90. Née dans la ville hippie d’Eugene, dans l’Oregon, elle a créé son propre groupe et sa maison de disque à 19 ans. Influencée par la culture populaire DYI de l’époque, elle a joué dans de nombreux groupes musicaux féminins (…) et a co-créé un film semi-autobiographique « Down and Out with the Dolls ». L’artiste a vécu et a étudié à l’étranger : en Honduras, au Chili, en Angletterre, au Portugal, en Espagne et en Inde, dont elle est originaire.

Résidant maintenant à Los angeles, le travail de Cheriel explore des thématiques qui reconnaissent l’urgence et le conflit de nos tentatives continuelles de nous connecter au monde. Portée par des influences opposées tells que l’imagerie des temples de l’Est Indien, le punk rock et son environnement naturel du Pacific Northwest, ses images sont des indications de la manière dont nous nous connectons aux autres, et comment ces efforts satiriques et héroïques sont à la fois des épisodes de compassion et d’inconfort. Les vifs éléments dérivés de paysages – urbains comme naturels – et la pop culture suggèrent la capacité à trouver des points communs et des relations entre nous-mêmes et notre environnement qui confirment inévitablement notre plus grande humanité et notre quête d’amour. »

L’oeuvre de la quinzaine | photographies après l’accouchement, Rineke Dijkstra, 1994

Rineke Dijkstra est une photographe néerlandaise née en 1959. Elle vit et travaille à Amsterdam. Son travail photographique est connu et a été exposé dans de nombreux musées et institutions culturelles. Elle fait des portraits frontaux, la plupart du temps d’une personne seule, sans mise en scène ou faux-semblants. Pour l’oeuvre de la quinzaine, nous avons choisi de vous présenter une série de trois portraits de femmes venant d’accoucher.

« En tant que photographe, vous étoffez ou vous mettez l’accent sur un instant, le transformant en une autre réalité. Par exemple, ces portraits que j’ai fait de femmes venant de donner naissance : la réalité de cette expérience, c’est l’atmosphère entière, qui est chargée d’émotion. Dans la photographie, vous pouvez scruter des détails, ce qui rend cela un peu rude : vous pouvez y voir des choses auxquelles vous n’auriez d’habitude pas prêté grande attention. »

L’oeuvre de la quinzaine | les autoportraits de Mequitta Ahuja

Mequitta Ahuja est née en 1976 à Grand Rapids, dans le Michigan, d’un père Indien et d’une mère Afro-Américaine. Elle grandit dans une communauté majoritairement blanche. Cela l’a poussée à se questionner sur son identité, et l’autoportrait est la dominante de son oeuvre. Nous avons sélectionné un échantillon d’oeuvres et traduit le texte de son site internet (que nous vous invitons à visiter !), qui explique sa démarche.

« Je transforme l’autoportrait de l’artiste, en particulier l’autoportrait de la femme de couleur – longtemps définie par cette identité – en une réflexion sur la création d’image. Je fais cela en cataloguant visuellement les codes de la peinture et en leur donnant de nouvelles significations. Je simplifie la forme, et j’inclus les motifs traditionnels tels que les gestes des mains, les mouvements du tissu, les jeux de regard avec le/a regardeur/euse, le papier froissé présenté en trompe-l’oeil, l’architecture racontant une histoire, la perspective cavalière et la figure allégorique. Je mets l’accent à la fois sur l’aspect conceptuel et physique de la peinture en montrant mon modèle lisant, écrivant et s’occupant de ses toiles dans l’atelier. En créant des images dans l’image, je décris les nombreux aspects de la peinture – abstraction, texte, naturalisme, description schématique, planéité graphique et illusion. Je donne un nouveau sens aux idées et approches picturales qui ont jalonné l’Histoire de la peinture, notamment les hiéroglyphes Egyptiens, les fresques de Giotto, la figuration Hindoue et les premières peintures Américaines. Je positionne cette variété de styles artistiques au sein du contexte de la peinture figurative, et je remplace l’autoportrait habituel – l’artiste debout devant son chevalet – par un large portrait du travail de peinture. En travaillant stratégiquement avec les nombreuses formes et les divers passés de la peinture, je mêle mes préoccupations personnelles et picturales contemporaines à la discussion séculaire de la représentation. »

L’oeuvre de la quinzaine | Lady Pink, reine du graffiti

Pour cette oeuvre de la quinzaine, on met en lumière le travail de Lady Pink, pionnière du graffiti et de l’art mural féminin. Nous avons traduit le texte qui est sur son site pour vous la présenter.

Lady Pink est née en Equateur et a été élevée à New York. Elle réside maintenant à la campagne au nord de la ville. En 1979, elle a commencé à faire des graffiti et a vite été connue comme la seule femme capable de rivaliser avec les garçons de la sous-culture du graffiti. Pink a peint des rames de métro entre 1979 et 1985. En 1982 elle a joué le rôle principal dans le film « Wild Style ». Ce rôle et d’autres contributions significatives dans le graffiti ont fait d’elle une figure culte de la subculture hip-hop.

Au lycée, elle exposait déjà ses peintures dans des galeries d’art, et à l’âge de 21 ans elle a eu sa première exposition personnelle au Moore College of Art. En tant que participante majeure dans la montée de l’art du graffiti, les toiles de Lady Pink sont entrée dans d’importantes collections artistiques telles que le Whitney Museum, le MET à New York, le Brooklyn Museum ou encore le Musée Groningen de Hollande. Elle s’est établie dans le monde des beaux-arts, et ses peintures sont très prisées par les collectionneur-euses.

Aujourd’hui, Lady Pink continue de créer de nouvelles peintures sur toile qui expriment sa vision personnelle unique. Elle partage aussi ses 30 années d’expérience avec des adolescent-e-s en organisant des ateliers de peinture murale et en donnant des conférences à des étudiant-e-s du monde entier.

L’oeuvre de la quinzaine | Open Mind de Johnson Tsang

Traduction du texte  « Johnson Tsang’s Mind-Bending Sculptures » écrit par Monika Mróz pour Ignant

Né à Hong Kong en 1960, l’artiste Johnson Tsang mêle ses techniques sculpturales réalistes à son incroyable imagination surréaliste.

(…)Tsang repousse les limites de l’imagination du regardeur. Tantôt fantasques, lyriques et provocants, ses travaux intègrent deux éléments : « être humains » et « objets », transformés en thèmes créatifs par l’artiste. (…) « Open Mind », une série de sculptures se focalisant sur des visages humains, capture la fluidité du mouvement physique et de l’émotion humaine tout en nous poussant à renouveler notre regard sur le monde.

 

Une sélection des sculptures. Pour en voir plus, visitez le site de l’artiste.

 

L’oeuvre de la quinzaine | Paula Rego, Untitled : The Abortion Pastels

 

Pour l’oeuvre de la quinzaine, nous avons choisi la série de pastels « Untitled : The Abortion Pastels » (Sans Titre : Pastels sur l’Avortement), de Paula Rego.

Paula Rego est une artiste portugaise née en 1935. Elle vit à Londres depuis 1958, où elle a une carrière prolifique.

Cette série de pastels a été produite entre juillet 1998 et février 1999, suite à un référendum sur la dépénalisation de l’IVG qui fut refusé par une très courte majorité. Dans une interview avec Ana Marques Gastaõ en 2002, l’artiste explique sa motivation : « [cette série] est née de mon indignation… Il est impensable que les femmes qui avortent soient considérées comme des criminelles. Cela me rappelle le passé… Je ne peux pas supporter l’idée de lier une notion de culpabilité à cet acte. Ce que chaque femme souffre d’avoir à faire est bien assez. Mais tout cela découle du passé totalitaire du Portugal, des femmes vêtues de tabliers, faisant des gâteaux comme de bonnes femmes au foyer. Dans le Portugal démocratique d’aujourd’hui il y a toujours une forme subtile d’oppression… La question de l’avortement fait partie de tout ce contexte violent. »

La force de ces pastels, c’est aussi la frontalité avec laquelle Paula Rego aborde le sujet, sans faux-semblants ni dramatisation ; ces personnes, qui semblent toutes venir de différentes couches de la société, sont sûres de leur choix.

Les peintures de Paula Rego sont exposées en ce moment au Musée de l’Orangerie à Paris, jusqu’au 14 janvier 2019.

L’oeuvre de la quinzaine | Carole Schneemann, Eye Body : corps, sexualité et genre

En 1963, l’artiste féministe et américaine Carole Schneemann présentera une œuvre significative dans sa carrière, nommée Eye Body : 36 Transformative Actions 1963. Elle est constituée de 36 photos de l’artiste dans des environnements qu’elle a créés. En effet, dans son studio, au moyen de peinture, de colle, de fourrure, de verre, de plastique ou encore de craie, elle couvre son corps nu, pour s’intégrer dans sa création artistique. Son corps est un matériau qui fait partie intégrante de son travail. Comme elle l’explique, elle est alors artiste, fabricante de l’image et image elle-même.

 

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Photographies par l’artiste islandais Erró, 35 mm film en noir et blanc.

 

Lorsqu’elle reçut des critiques l’accusant de narcissisme et d’exhibitionnisme, elle leur a répondu qu’au contraire cette œuvre lui permet de se réapproprier sa sexualité en tant que femme. Elle est maîtresse de son corps et de son art. L’historienne de l’art, Kristine Stiles a commenté son travail :
« Sa première performance a été réalisée en privé dans le but de produire des photographies prises par son ami, l’artiste islandais Erró. Les photographies sont toujours généralement acceptées parmi les premières images visuelles constituant le lexique d’un vocabulaire avant-gardiste explicitement féministe. […] Schneemann voulait “faire une série de transformations physiques” de son corps dans ses “constructions et son environnement mural”, afin de transformer son corps en “territoire visuel” (cet extrait est traduit de l’anglais).
Ce travail est un acte de rébellion envers le milieu de l’art des années soixante, sexiste et misogyne, où les femmes sont considérées exclusivement comme muse ou modèle, plutôt que comme artiste. En effet selon elle, “durant des années on a regardé mes travaux les plus audacieux comme si c’était quelqu’un d’autre à l’intérieur de moi qui les avait créés, ils étaient considérés comme ‘masculins’ parce qu’ils étaient vus comme agressifs et osés”.

 

Sources :
Carolee Schneemann, 2018, site web de l’artiste, http://www.caroleeschneemann.com/
The Art History, 2018. Carole Schneemann, https://www.theartstory.org/artist-schneemann-carolee.htm
Kristine Stiles, “Uncorrupted Joy: International Art Actions”, in: Out of Actions: between performance and the object, 1979-1979, MoCA Los Angeles, New York/London, 1998, pp.296f.

 

L’oeuvre de la quinzaine | « To Survive on Shore » Photographs and Interviews with Transgender and Gender Nonconforming Older Adults, Jess T. Dugan & Vanessa Fabbre

Pour l’oeuvre de la quinzaine, nous avons choisi ce magnifique photo-reportage. Voici une traduction du texte sur leur site, qui explique la démarche artistique et politique.

Les représentations de personnes transgenres âgées sont quasiment absentes de notre culture, et celles qu’on voit sont souvent sans profondeur.

Pendant plus de cinq ans, la photographe Jess T. Dugan et l’assistante sociale Vanessa Fabre on voyagé à travers les Etats-Unis pour créer « To Survive on This Shore : Photographs and Interviews with Transgender and Gender Nonconforming Older Adults » (Survivre sur cette rive : Photographies et interviews d’adultes âgé-es transgenres et aux expressions de genre non-conformes).

Elles ont voyagé de la côte Ouest à la côte Est, des grandes villes aux petites bourgades, cherchant des individu-e-s dont l’histoire de vie mêlait de complexes intersections entre l’identité de genre, l’âge, la race, l’ethnie, la sexualité, la classe socioéconomique et l’emplacement géographique, documentant les histoires de vies de ce groupe important mais largement sous-représenté de personnes âgées.

Les récits de ces personnes sont variés et s’étendent sur les 90 dernières années, offrant un registre historique important de l’expérience et de l’activisme transgenre aux Etats-Unis. Les portraits et histoires qui en ressortent donnent un point de vue nuancé, nous plongeant au sein des luttes et des joies de la vieillesse abordée du point de vue de personnes transgenres et offrent une réflexion poignante sur ce que cela signifie que de vivre authentiquement malgré des obstacles d’apparence insurmontable.

Nous avons traduit des extraits de certains témoignages, mais si vous parlez anglais nous vous encourageons vivement à aller les lire sur le site du projet photo en cliquant ici.

 

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Duchess Milan, 69, Los Angeles, CA, 2017

 

Je sais juste que je suis moi. Je ne pense pas en termes de noms, de formulaires et toutes ces choses là. Je suis juste moi, c’est qui je suis. Je suis en paix avec moi-même. C’est le sentiments le plus merveilleux du monde parce que vous n’êtes jamais en train de courir après quelque chose pour prouver à qui que ce soit que vous êtes qui vous savez être. Je sais qui je suis, et ce que les autres pensent ne me regarde pas. Voilà qui je suis. Je m’identifie en tant que Duchesse. (…)

Duchess Milan, 69, Los Angeles, CA, 2017

 

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Freya, 51, Minneapolis, MN, 2015

 

(…) cette année, mon rabbin a été d’un grand soutien. Si ma femme ou moi avons besoin de conseils, sa porte est ouverte. Après mon changement de nom public, il m’a invitée à avoir un petit rôle cérémonial lors d’un des services religieux pour les Fêtes. Il y a un moment durant le service, après la lecture de la Torah, où celle-ci est ouverte pour révéler trois colonnes, elle est tenue par une personne au-dessus de la table. On la tourne pour la montrer à toute la congrégation, puis on la referme. C’est un rôle cérémoniel, la Hagbah, et il se trouve que les noms de celleux qui le pratiquent sont imprimés dans le programme. En fait, je pense que le rabbin avait cherché un moyen d’imprimer mon nom dans le programme, du coup plein de gens sont venus me voir en me disant « Hey, félicitations ! Tu as changé ton nom ! » ou « Oh, c’est super ! ». Ça a été tellement confortant qu’iels m’acceptent, acceptent la personne que je veux être. Alors notre communauté religieuse a été un élément extrêmement important pour toute notre famille. (…)

Freya, 51, Minneapolis, MN, 2015

 

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Preston, 52, East Haven, CT, 2016

 

(…) Mon coming out auprès de ma famille a été assez facile. La plupart de mes proches m’ont dit « On attendait juste que tu nous le dises ». Ma mère a fait un commentaire similaire, et me souvient d’avoir été un peu en colère parce que je me disais « mais si tu savais, pourquoi tu n’as rien dit ? » J’avais l’impression de traverser tout ce déchirement intérieur, toutes ces années, et les gens savaient ? Je veux dire, personne ne m’a donné un indice. Tout le monde attendait que je le dise, vous savez. C’était fou. C’était un moment fou, mais beau en même temps. (…)

Preston, 52, East Haven, CT, 2016

 

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Linda, 60, Chicago, IL, 2016

 

(…) Mes parents ont immigré de Chine. Iels sont venus ici pour étudier avant que les communistes viennent au pouvoir, alors même s’iels voulaient revenir, le FBI les en empêchait. Et bien sûr, si moi et mon frère étions nés en Chine, ma vie aurait été complètement différente. Mon père était quasiment sourd et aveugle pendant les deux dernières années de sa vie, alors c’était difficile de communiquer avec lui. Je me suis dit que je ne lui dirais pas avant de ne plus avoir d’autre choix que de le faire. Lorsqu’il est mort, je n’ai pas été surprise parce qu’il survivait à tout le monde, toustes ses ami-es et camarades de classe. Alors au final, je ne lui ai jamais dit. Je regrette qu’il n’ait jamais connu sa fille, mais d’un autre côté, essayer de lui expliquer cela alors qu’il était déjà difficile de parler avec lui de trucs normaux aurait été trop compliqué. (…)

Linda, 60, Chicago, IL, 2016

 

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Debbie, 61, and Danny, 66, St. Joseph, MO, 2015
(…) J’ai commencé ma transition à l’âge de 64 ans. Mon cardiologue était réticent à l’idée de me donner de la testostérone à cause de mon âge. J’étais aussi en surpoids et ma tension artérielle était élevée. Finalement j’ai pris des demi-doses, et au bout de trois mois j’ai commencé à prendre des doses complètes. C’était génial. Je commençais très rapidement à avoir des poils sur le visage et sur le corps et ma voix est devenue grave presque instantanément. Mais ensuite j’ai eu un AVC, alors j’ai du arrêter d’en prendre. Toute la masculinisation que j’avais eu, je l’ai perdue en un an et demi sans testostérone. J’essaie vraiment de ne pas trop y penser. J’ai eu la chance, après 64 ans ans, d’enfin être heureux et être qui je suis. De regarder dans le miroir et de voir le mec que j’aurais du être pendant toutes ces années. Et maintenant ça ne va pas se passer. Aucune chance. (…)
Debbie, 61, and Danny, 66, St. Joseph, MO, 2015
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Sky, 64, Palm Springs, CA, 2016
(…) Je suis aussi un papa. Mon fils a eu onze ans la semaine dernière. En fait, c’est mon petit-fils ; ma fille est décédée d’un cancer il y a six ans. Lorsqu’elle est morte, il a compris très rapidement qu’il n’avait ni maman ni papa, alors on l’a laissé libre de comprendre comment il ressentait cela et ce qu’il voulait faire. Et il a décidé qu’il voulait des pères. Je pense que c’est assez clair qu’on est des grand-pères, mais ça ne lui convient pas. On l’a laissé choisir des noms pour nous, alors je suis Papa et mon partenaire est Daddy Bear. Et il nous présente toujours comme ses pères. (…)

Sky, 64, Palm Springs, CA, 2016

L’oeuvre de la quinzaine | Njideka Akunyili Crosby

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“The Beautyful Ones” Series #4 2015

 

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I Still Face You 2015

 

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Efulefu: The Lost One 2011

 

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Thread 2012

 

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Dwell: Aso Ebi 2017

 

Njideka Akunyili Crosby est née au Nigeria. À l’âge de 16 ans, elle part étudier aux Etats-Unis.

Représentée par la galerie Victoria Miro à Londres, elle vit et travaille à Los Angeles. Nous avons traduit une partie du texte écrit par sa galerie qui explique son travail :

« Son identité culturelle mélange de forts liens avec son pays natal et son pays d’adoption, une identité hybride qui se reflète dans son travail.

Au premier coup d’oeil, Njideka Akunyili Crosby semble se concentrer sur le foyer, représentant des scènes quotidiennes et des fêtes. Plusieurs de ses images représentent des gens – famille ou ami-es – dans des scénarios dérivés d’expériences domestiques familières : manger, boire, regarder la télé. Iels rencontre rarement le regard du spectateur mais semblent entraîné-es dans  des moments d’intimité ou de réflexion qui sont souvent laissées ouverts à l’interprétation. Les ambiguïtés des histoires et des gestes sont soulignées par une seconde couche d’image, discernable lorsqu’on s’approche. Des photos-collages aux motifs vibrants sont créés à partir de la pop culture et de la politique Nigérienne, incluant des photos de pop-stars, de top modèles et de célébrités, ainsi que celles d’avocats dans des perruques blanches et de dictateurs militaires. Certaines de ces images proviennent des archives personnelles de l’artiste composées de ses photos, de magasines et de publicités, et d’autres sont prises sur internet. Ces éléments présentent une métaphore visuelle éloquente traduisant les couches de mémoire personne et d’histoire culturelle qui informent et renforcent l’expérience du présent.

[…]

Parlant de son travail, Akunyili Crosby dit : « Tout comme les habitant-es de pays anciennement colonisés sélectionnent et inventent des caractéristiques culturelles qui leur sont transmises par les colonisateurs dominants ou métropolitains, j’extrapole à partir de mon apprentissage de la peinture occidentale pour inventer un nouveau langage visuel qui représente mon expérience – que je ressens parfois paradoxalement comme à la fois fracturée et entière – de Nigérienne cosmopolite. » »