Sylvia Sleigh

Sylvia Sleigh est une peintre américaine. Elle est connue pour ses peintures figuratives d’après modèle vivant (des ami-e-s ou connaissances), souvent des nus, notamment masculins. Voici sa biographie, illustrée par Manon Bauzil.

 

par bauz1992

 

Sylvia Sleigh naît le 8 mai 1916 au Pays de Galles. On connaît peu de choses de son environnement familial, de son enfance et de son adolescence.

Intéressée par l’art, elle étudie à l’Ecole d’Art de Brighton. Sa scolarité se passe sans éclat, et elle est même rabaissée par l’un de ses professeurs, qui lui dit : « Vous n’avez aucun talent. Vous êtes ici juste pour passer le temps en attendant de vous marier. »

Après ses études, elle travaille dans un magasin de vêtements pour femmes sur Bond Street, toujours à Brighton. Elle ouvre ensuite son propre magasin, vendant des chapeaux, des manteaux et des robes. Mais lorsque la Seconde Guerre Mondiale commence, elle ferme boutique.

En 1941, elle épouse son premier mari, un artiste nommé Michael Greenwood. Ils emménagent à Londres ensemble, et Sylvia reprend petit à petit la peinture.

 

Autoportrait recadré, 1952
Michael Greenwood, 1952

Elle s’inscrit à des cours du soir à l’Université de Londres, où elle rencontre celui qui deviendra son second mari, Lawrence Alloway, curateur et critique d’art. Il est dix ans plus jeune qu’elle, et leur relation sera d’abord amicale. Ils échangent fréquemment par courrier, nouant une relation très intense.

 

En 1953, Sylvia Sleigh a sa première exposition solo à la Kensington Art Gallery. Elle quitte Michael et épouse Lawrence en 1954. En 1961, ils déménagent ensemble aux Etats-Unis, où Lawrence obtient le poste de curateur au Musée Guggenheim à New York.

 

Durant les années 60, Sylvia se lie d’amitié avec des personnes du monde de l’art new-yorkais mais s’intéresse aussi au mouvement féministe en pleine ébullition. Elle commence alors à peindre des nus masculins.

 

« Je pense que mes peintures mettent l’accent sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Je trouve que les femmes sont souvent représentées comme des objets sexuels, dans des poses humiliantes. Je voulais montrer mon point de vue. J’aime représenter à la fois les hommes et les femmes comme des personnes intelligentes et réfléchies, pleines d’une dignité et d’un humanisme qui soulignent l’amour et la joie. »

Marianne Benedict, 1970

En 1973, elle peint « Le Bain Turque » (un titre en référence au tableau de Jean-Auguste-Dominique Ingres, qui représente un groupe de femmes nues). Dans la version de Sylvia, c’est un groupe d’hommes critiques d’art qui y sont représentés nus, dont son mari Lawrence.

 

Le Bain Turque, 1973

« Ce n’est pas le désir qui me pose problème, mais l’objectification. »

Dans une interview en 2008, elle dira : « Je voulais peindre les hommes de la manière dont je les appréciais, en tant que personnes dignes et intelligentes ».

 

Philip Golub reclining, 1971

 

Triple tête de Scott Burton, 1973

Au début des années 70, elle rencontre Paul Rosano, un musicien qui gagne de l’argent en posant pour les artistes. Il devient alors un de ses modèles favoris. Elle le peint des dizaines de fois. Durant les sessions de pose, Sylvia apprécie de discuter avec ses modèles. Rosano dira d’elle : « elle aimait discuter avec les modèles pour en apprendre plus sur eux. Cela lui permettait en quelque sorte de peindre leur caractère. »

 

Annunciation : Paul Rosano, 1975

 

Imperial Nude, 1977

Sylvia est alors membre de la A.I.R. Gallery, un espace créé par des artistes femmes à SoHo (qu’a aussi fréquenté l’artiste Ana Mendieta, dont nous avions fait la biographie). Elle les peint en 1977.

 

A.I.R. Group Portrait, 1977

 

Durant toute cette période, le travail de Sylvia Sleigh n’attire pas l’attention du monde de l’art. La figuration n’est pas à la mode. C’est dans les années 80 qu’elle commence à être un peu plus reconnue, recevant une subvention du National Endowment for thé Arts en 1982 et un autre subvention de la Fondation Pollock-Krasner en 1985.

En 2008, elle obtient le Distinguished Artist Award de la part de la College Art Association, une récompense qui honore l’ensemble de sa carrière.

Elle meurt à New York le 24 octobre 2010, à l’âge de 94 ans.

À titre posthume, le Women’s Caucus for Art lui décerne le Lifetime Achievement Award en 2011.

 

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sources :

https://rogallery.com/Category/A.I.R._womens_portfolio/Sleigh-bio.htm

https://www.nytimes.com/2010/10/26/arts/design/26sleigh.html

https://en.wikipedia.org/wiki/Sylvia_Sleigh

http://sylviasleigh.com/sylviasleigh/Sylvia.html

https://elephant.art/forgotten-male-nudes-groundbreaking/

Sylvia Sleigh and Lawrence Alloway, Mutual Muses

 

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