L’oeuvre de la quinzaine | Samira Abbassy

Pour cette oeuvre de la quinzaine, nous vous présentons les peintures, dessins et sculptures de Samira Abbassy.

Deux ans après sa naissance en Iran en 1965, ses parents déménagent à Londres. Elle y étudie au Canterbury College of Art, dont elle sort diplômée en 1987.

Elle s’installe aux Etats-Unis en 1998 et y vit toujours aujourd’hui. Nous avons choisi ici un échantillon de son travail, et nous vous encourageons à visiter son site pour en voir plus : www.samiraabbassy.com

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Si vous voulez présenter une oeuvre de la quinzaine, n’hésitez pas !

 

#C’est la section art contemporain du site. On met la lumière sur le travail d’un.e artiste contemporain.e, que ce soit un corpus d’oeuvres ou un projet spécifique qui nous a marqué. Ici, on met en valeur le travail artistique des minorités de genre, personnes racisées, personnes queer.

Nous postons une oeuvre tous les quinze jours.

 

#Les règles : écrire un court texte, ou même simplement poster le texte de présentation de la galerie qui représente l’artiste ou de l’artiste lui-même (le traduire en français s’il est dans une autre langue). Envoyer les sources, qui seront postées avec le texte.

 

#C’est un format court qui peut être posté en entier sur facebook et instagram (2200 signes max).

 

#Une sélection d’images des oeuvres est envoyée (ou des liens pour les oeuvres sonores ou vidéo)

 

#À envoyer à prenezcecouteau@gmail.com

 

#Le collectif se chargera de relire le texte, de le mettre en page et de le poster sur le site.

L’artiste de la quinzaine | Lynette Yiadom-Boakye

Lynette Yiadom-Boakye est une peintre anglaise. Nous avons traduit le texte sur le site de sa galerie pour vous présenter son oeuvre.

« Les peintures à l’huile de Lynette Yiadom-Boakye s’axent sur des personnages de fiction qui existent en dehors de moments où d’endroits spécifiques. Dans une interview de 2010 avec le New York Times Magazine, Yiadom-Boakye décrit ses compositions comme des « suggestions de personnes… Iels ne partagent pas nos problèmes et nos préoccupations ou nos angoisses. Iels sont ensemble, autre part. » Cette absence de détermination narrative laisse le travail ouvert aux projections de l’imagination du / de la regardeur.euse.

Ses peintures s’ancrent dans des considérations formelles traditionnelles telles que la ligne, la couleur et le format, et peuvent être une réflexion sur le médium lui-même, mais les sujets et la manière dont la peinture est utilisée est résolument contemporaine. Les peintures de Yiadom-Boakye sont habituellement faite en un jour pour mieux capturer le unique moment d’un flux de conscience.

Le fait que ses personnages soient majoritairement Noir.e.s attire souvent l’attention. Dans une récente interview avec Hans Ulrich Obrist dans Kaleidoscope, elle explique « La race est une chose que je peux complètement manipuler, ou réinventer, ou utiliser comme bon me semble. Et aussi, iels sont Noir.e.s parce que… je ne suis pas blanche. » Cependant Yiadom-Boakye maintient : « les gens sont tenté.e.s de politiser le fait que je peigne des personnages Noir.e.s, et la complexité de ce fait est une partie essentielle de mon travail. Mais mon point de départ est toujours le langage de la peinture elle-même et la manière dont celui-ci se rapporte au sujet abordé. »

Yiadom-Boakye est née en 1977 à Londres et y habite actuellement. Elle a étudié au Central Saint Martin Arts College, au Falmouth College of Arts et à la Royal Academy Schools. »

Beatrix Potter

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Illustration : Manon Bauzil @bauz92

Helen Beatrix Potter naît le 28 juillet 1866 à Londres, dans une famille de la grande bourgeoisie.

Son petit frère Walter naît en 1872.

Son père, Rupert, est avocat et photographe amateur, et sa mère est femme au foyer. Rupert sensibilise ses enfants à l’art en leur faisant découvrir des oeuvres d’art, notamment celles de son ami Sir John Everett Millais, dont le tableau « Ophélie » fascine Beatrix. Les amis de Rupert fréquentent souvent la maison et encouragent la petite fille dans sa passion pour l’art.

Élevée par une gouvernante, Annie, qui n’a que quelques années de plus qu’elle, Beatrix n’a pas beaucoup de contact avec l’extérieur. Cela la pousse à nouer des relations d’affection avec des animaux, notamment son lapin Peter Piper et son chien. Elle a aussi un hérisson et une chauve-souris domestiqués !

Ses parents sont intéressés par la nature et emmènent souvent les enfants à la campagne, ce qui éveille l’intérêt de Beatrix. Elle dessine avec un grand détail la flore et la faune qu’elle voit. « La nature, à l’exception de l’air et de l’eau, est faite de couleurs. Des couleurs que bon nombre d’entre nous prenons comme acquises, au point de passer à côté. Heureusement que j’ai l’oeil ! »

En grandissant, elle se passionne pour la mycologie (l’étude des champignons). Elle dessine avec passion les champignons qu’elle récolte, les disséquant, faisant preuve d’une grande précision. Son oncle, qui est chimiste, remarque son talent et la pousse à présenter ses travaux aux jardins botaniques royaux de Kew, mais c’est en vain : en plus de la misogynie des hommes scientifiques, le milieu n’accepte pas qu’elle n’ait pas fait d’études, la considérant comme amateure malgré la qualité évidente de ses dessins.

 

 

Déçue par ce rejet, Beatrix s’évade de plus en plus dans son imagination, qui a toujours été très intense. Elle a maintenu une amitié avec son ancienne gouvernante Annie, qui est mère de famille, et elle écrit souvent des lettres amusantes à ses enfants. Si elle n’a pas de talent particulier pour dessiner les gens, elle amuse beaucoup en illustrant les lettres de petits animaux qui courent sur la page. C’est dans ces courriers qu’elle commence à raconter des histoires aux enfants ayant pour protagonistes des lapins, inspirées du lapin qu’elle a eu étant enfant, Peter Piper. Elle crée en 1983 les aventures de Pierre Lapin pour le fils aîné d’Annie, Noel, qui est souvent malade.

 

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Lettre de Beatrix Potter à Noel Moore, 4 Septembre 1893

 

Les aventures de Pierre Lapin raconte l’histoire d’une famille de lapins. Pierre Lapin est un enfant turbulent qui, désobéissant à sa mère, décide d’aller dans le jardin d’un humain, Mr McGregor, malgré l’interdiction et le fait que son père ait fini dans une tourte cuisinée par ce dernier. Après une série de péripéties durant laquelle il mange des salades dans le jardin, et parvient à échapper de peu à Mr McGregor, il parvient à retourner auprès de sa mère.

Elle cherche une maison d’édition pour le publier, en vain, pendant sept ans. Elle décide alors de l’imprimer à 250 exemplaires avec ses propres moyens en 1900. Les illustrations y sont en noir et blanc.

 

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La couverture de la première édition

 

Le livre marche bien dans son entourage. Un ami de la famille, Hardwicke Rawnsley, qui apprécie particulièrement l’oeuvre, décide de faire un nouveau tour des maisons d’édition londoniennes pour lui donner une nouvelle chance. Frederick Warne & Co., l’un des éditeurs qui lui avait refusé son manuscrit quelques années plus tôt, accepte de le publier contre des illustrations en couleur.

Les aventures de Pierre Lapin connaissent un succès immédiat. Le livre est tiré à des milliers d’exemplaires.

 

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La couverture du livre en couleurs, publié par F. Warne & Co

 

 

Beatrix noue une amitié plus étroite avec Norman Warne, l’un des trois fils de Frederick Warne qui travaillent à la maison d’édition. Petit à petit, ils tombent amoureux. À cette époque, elle est célibataire, âgée de 35 ans et vit toujours chez ses parents, ce qui est aussi le cas de Norman. Ils font des projets d’avenir pour les prochaines histoires qu’elle écrira. Ensemble, ils publient Le Conte de Jeannot Lapin et Deux Vilaines Souris.

 

 

Les parents de Beatrix voient cette relation d’un mauvais oeil, car Norman est d’une classe sociale inférieure à Beatrix. Cette dernière est ennuyée et les considère comme hypocrites, car ils reprochent à Norman d’être commerçant, ce qui était le métier des deux paires de grand-parents de Beatrix ! En tant que femme célibataire, elle s’occupe beaucoup de ses vieux parents, fait le ménage et tient la maison en ordre, ce qui les arrange bien. Ils ont du mal à vouloir la laisser partir.

Beatrix, businesswoman avant l’heure, a des idées de produits dérivés de Pierre Lapin : une poupée, un papier peint, un livre de coloriage pour enfants. Elle partage avec son compagnon ses idées et les met en oeuvre.

En 1905, lorsque Norman lui écrit une lettre lui demandant sa main, Beatrix est enchantée. Elle parvient à convaincre ses parents, qui acceptent les fiançailles mais demandent que cela reste secret.

Peu après, Beatrix se rend chez son oncle au Pays de Galles. Avant de partir, elle tente de joindre Norman mais n’y parvient pas : on lui dit qu’il est malade.

Sans plus s’inquiéter, elle part en voyage. Malheureusement, de retour de Manchester pour un déplacement professionnel, Norman est extrêmement souffrant. Il décède à l’âge de 37 ans d’une anémie pernicieuse (certaines personnes disent qu’il avait une leucémie non diagnostiquée à l’époque).

De retour à Londres, Beatrix ne se rend pas à l’enterrement. Terrassée par le deuil, elle passe un moment à dessiner la chambre dans laquelle est mort Norman. Elle passe également beaucoup de temps avec la soeur de Norman, Millie, à qui elle offre une aquarelle d’un champ d’orge peint la veille de sa mort. « J’essaie de penser aux gerbes d’or, et aux récoltes. Sa vie n’a pas été longue, mais elle a été remplie, utile et heureuse. »

Beatrix quitte tout de même le domicile familial à Londres pour s’installer dans un cottage, Hill Top, acheté avec le petit héritage d’une tante et les royalties de ses livres. Elle vit désormais à Near Sawrey, dans le Lake District. Les locataires de la maison, des fermiers, acceptent de rester pour s’occuper de la ferme en attendant qu’elle apprenne les techniques d’élevage.

Elle apprécie son indépendance. Ce quotidien lui permet d’observer encore mieux les animaux qui l’entourent, et de relater la vie campagnarde. Ses histoires s’en ressentent, comme celle de Madame Trotte-Menu, qui raconte l’histoire d’une souris campagnarde (contrairement aux souris urbaines de Deux Vilaines Souris) ou encore Gingembre et Girofle, qui évoque la tenue d’un magasin dans un petit village. Elle publie de nombreux ouvrages, toujours à la maison d’édition Frederick Warne & Co.

 

 

 

Un notaire de Lake District, William Heelis, l’aide dans la gestion de sa propriété. Ils entretiennent une relation amicale proche pendant des années et en 1912, il la demande en mariage. Beatrix accepte mais ne le dit pas tout de suite à ses parents : de nouveau, il s’agit d’un homme de classe inférieure. Ils se marient en octobre 1913 à Londres et s’installent ensemble dans une nouvelle maison, en gardant Hill Top comme maison des fermiers et atelier artistique.

Après son mariage, elle écrit de moins en moins, et se passionne pour l’élevage de mouton Herdwick, formant un duo avec Tom Sorey, qui est berger. Elle achète plusieurs fermes et obtient une très bonne réputation d’éleveuse, gagnant plusieurs prix de concours de race Herdwick, et étant parfois juge dans ces concours.

 

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Sa vision s’empire en vieillissant, ce qui la handicape davantage pour peindre.

En 1942, elle est la première femme à être élue présidente de l’association des éleveurs de la race Herdwick.

Malheureusement, elle meurt d’une pneumonie et de problèmes au coeur avant de pouvoir prendre ses fonctions, le 22 décembre 1943.

Elle confie à Tom Sorey l’endroit où elle veut que ses cendres soient dispersées. Le lieu précis est tenu secret.

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Beatrix_Potter

https://en.wikipedia.org/wiki/Beatrix_Potter

https://www.awesomestories.com/asset/view/ASHES-and-LEGACY-Miss-Potter