Ana Mendieta

Ana Mendieta est une artiste cubaine américaine. Ses performances crues et poétiques mêlent le corps à la nature.

 

Illustration : Manon Bauzil @bauz1992

Ana Mendieta est née le 18 novembre 1948 à La Havane à Cuba dans une famille unie de la classe moyenne impliquée dans des mouvements politiques.

En 1961 a lieu la révolution cubaine. Craignant le régime de Fidel Castro, ses parents envoient Ana et sa soeur Raquelin, âgées respectivement de 12 et 14 ans, aux Etats-Unis par le biais de l’Opération Peter Pan. Cette opération, créée par une alliance entre l’Eglise Catholique et la CIA, s’est déroulée entre 1960 et 1962. Elle a permis à des enfants dont les parents étaient contre le régime de Fidel Castro d’émigrer aux Etats-Unis. En tout, plus de 14000 enfants ont été placés dans 35 Etats.

Grâce à une procuration signée par leurs parents, les soeurs Mendieta ne sont pas été séparées.

Cette expérience de l’exil marque profondément Ana Mendieta. Elle vit mal la séparation avec ses parents, et de plus, loin de sa vie relativement aisée à Cuba au sein d’une famille bien insérée socialement, elle subit des discriminations aux Etats-Unis, recevant non seulement des insultes racistes, mais également des insultes qui l’hypersexualisent. Elle devient alors extrêmement consciente du croisement entre sexisme et racisme et de la manière dont cela définit sa vie.

Ana et Raquelin passent leurs deux premières années aux Etats-Unis à déménager, passant par un orphelinat, des foyers et des maisons d’accueil.

Cette période n’est pas plaisante pour les deux soeurs. Ana se sent déracinée, sans repères. Mais au lycée, elle se passionne de plus en plus pour l’art, et cela devient une force positive dans sa vie. Elle est une bonne élève, et après l’obtention de son diplôme, elle décide d’étudier l’art à l’Université de l’Iowa.

En 1966, sa mère et son petit frère émigrent également aux Etats-Unis, retrouvant Ana et Raquelin. Leur père ne les rejoindra qu’en 1979 après avoir passé 18 ans en prison pour son implication dans le Débarquement de la baie des Cochons.

À l’Université, Ana commence par s’intéresser à la peinture. Ses oeuvres sont colorées et présentent toujours un personnage centré dans la toile. Mais elle se sent rapidement limitée par la bidimensionnalité et l’immobilité de ce médium, et se dirige petit à petit vers la performance et expérimente beaucoup avec son propre corps. « Le moment décisif a été en 1972, quand j’ai réalisé que mes peintures n’étaient pas assez réelles par rapport à ce que je veux que l’image véhicule, et quand je dis réel je veux dire que je voulais que mes images aient du pouvoir, qu’elles soient magiques. »

En 1972, avec « facial cosmetic variations », elle s’amuse à manipuler son apparence.

 

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C’est aussi en 1972 qu’elle produit la vidéo « Untitled (Death of a Chicken) », introduisant des éléments qu’on retrouvera souvent dans ses futures oeuvres : le sang, le lait, l’eau, la nudité. Elle tient un poulet qui se vide de son sang, le répandant sur son corps nu.

 

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En mars 1973, une étudiante est violée et tuée sur le campus. Profondément choquée, Ana décide de créer une performance. Elle dit à ses camarades de classe de venir chez elle un soir. Elle a laissé la porte entrouverte et elle les attend dans l’obscurité, dans la position dans laquelle la victime a été retrouvée (selon les descriptions dans les journaux de l’époque), immobile et ensanglantée. « Ils se sont assis et ont commencé à en parler. Je n’ai pas bougé. Je suis restée dans cette position pendant à peu près une heure. Ça les a vraiment secoués. » En 1980, à nouveau interrogée sur cette performance, elle commente « je pense que mon travail a toujours été comme ça – une réponse personnelle à une situation… Je ne me voit pas aborder un tel problème de manière théorique ».

Elle met à nouveau en image les suites d’un viol en se prenant en photo dans la nature, nue, ensanglantée et allongée sur le ventre.

Nous avons choisi de ne pas diffuser ces images dans l’article car elles sont choquantes pour les victimes de viol, mais vous pouvez les voir en cliquant ici et ici.

Dans la vidéo « Untitled (People Looking at Blood, Moffitt) » elle filme des passants qui marchent près d’une grosse flaque de sang qu’elle a répandu sur le trottoir en bas de son immeuble, guettant leur réaction.

 

 

Dans la vidéo « Sweating Blood », elle filme sa tête en gros plan tandis que lentement, un assistant verse du sang sur elle à l’aide d’une seringue, maculant petit à petit ses cheveux et son visage.

 

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Le sang a une très grande importance dans le travail d’Ana Mendieta. Elle dit le considérer comme sacré, et qu’il est pour elle une force positive. Les travaux cités ci-dessus, que l’on peut considérer comme violents ou choquants, ne sont pas justifiés ou défendus à tout prix par l’artiste. Elle dit elle même qu’elle ne sait pas si cette manière de faire était une bonne ou une mauvaise réponse à ces actes de violence et ces crimes, mais que c’était ce qu’elle avait envie de faire, ce qu’elle ressentait en elle. Son oeuvre se compose beaucoup par une sorte d’instinct, de force qui n’est pas nécessairement rationnelle ou sujet à être décortiquée froidement.

C’est cette même année, en 1973, qu’elle commence ses « siluetas ». Les siluetas explorent la relation entre le corps et la nature, la vie et la mort, l’absence et la présence.

Dans une de ses premières siluetas, « Untitled (Image from Yagul) », Ana est allongée sur le sol d’une manière rigide qui fait penser à un cadavre, au milieu des pierres, dans un ancien tombeau peu profond. Son corps est recouvert de fleurs blanches, comme une nouvelle vie qui naît de la mort. Cette photographie est prise lors d’un voyage à Mexico.

 

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Voici diverses siluetas, parfois il y a un corps, parfois l’empreinte d’un corps, qui ne fait qu’un avec la nature.

 

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Avec la vidéo « Untitled (Burial Pyramid) », on retrouve cette notion du corps qui ne fait qu’un avec la terre. Dans cette vidéo, l’artiste est recouverte de pierre, allongée nue dans la terre. Petit à petit, sa respiration se fait de plus en plus forte, bousculant les pierres et les faisant tomber, puis elle se calme à nouveau, et le corps redevient similaire à celui d’une personne qui dort ou à un cadavre, se mêlant à l’immobilité des pierres.

 

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Le rapport au temps qui passe est aussi exprimé par l’éphémérité des siluetas dans certaines vidéos ou photographies, comme celle ci :

 

 

L’océan remplit la silhouette fleurie et la fait disparaître, comme un corps qui se mêle à la nature, disparaît sans la perturber.

Durant ce travail sur les siluetas, qui durera plusieurs années, Ana Mendieta explore les quatre éléments, eau terre air et feu. Elle se penche aussi sur ses origines latines-américaines en se rendant fréquemment à Mexico (où sont filmées et photographiées beaucoup de siluetas), et en s’intéressant de plus en plus aux rituels afrodescendants de l’Amérique Latine, avec les « Fetish Series » par exemple. Elle se réfère aussi souvent aux Santerias.

 

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Ayant déménagé à New York après son diplôme, elle intègre la A.I.R. Gallery (Artists In Residence Inc.), qui est la première galerie destinée aux femmes aux Etats-Unis. Cela lui permet de rencontrer d’autres femmes artistes, cependant après deux ans d’implication et d’engagement, elle conclut que « le féminisme américain tel qu’il est en ce moment est essentiellement un mouvement blanc de classe moyenne ».

C’est à la A.I.R. Gallery qu’elle rencontre son futur mari, Carl Andre, qui fait partie d’une table ronde ayant pour sujet « Comment l’art des femmes a-t-il affecté les comportements sociaux des hommes artistes ? ».

Dans « Untitled (Black Venus) », créé en Iowa, elle se réfère à une légende Cubaine sur une femme autochtone qui a résisté à la colonisation. L’intérieur de la silueta, composé de poudre à canon, est par la suite embrasé.

 

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En 1981, Ana retourne à Cuba pour la première fois depuis son départ. Elle renoue avec des membres de sa famille et se plonge dans les paysages qui ont tant marqué son enfance. Elle se rend dans les grottes de Jaruco, et y fait une série de sculptures sur les murs de ces grottes, à qui elle donne le nom de déesses cubaines.

 

De retour aux Etats-Unis, elle crée la silueta « Ochun ». On assiste ici à une nouveauté. D’habitude, la silueta est une ligne continue fermée, mais dans cette vidéo tournée sur la plage à Miami, elle est ouverte face à la mer qui sépare Cuba des Etats-Unis, laissant passer l’eau des pieds à la tête, comme un chemin entre les deux terres.

 

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En 1983, Ana Mendieta reçoit le Prix de Rome de l’Académie Américaine in Rome, ce qui lui permet d’y faire une résidence.

Elle se met ensuite à travailler sur la figure du totem, sculptant des silhouettes dans des morceaux de bois verticaux.

 

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Sa vie se termine brusquement en 1985 à l’âge de 36 ans. Suite à une dispute avec son mari Carl Andre, elle fait une chute du 34e étage de son immeuble new-yorkais le 8 septembre 1985. Le seul témoin auditif est un gardien d’immeuble qui a entendu une femme crier « non, non, non ! » Au téléphone avec 911, Carl Andre dit « Ma femme est une artiste, et je suis un artiste, et nous avons eu une dispute à propos du fait que je sois plus, euh, exposé au public qu’elle. Et elle est allée dans la chambre, et je l’ai suivie et elle est passée par la fenêtre. » (Ces propos sont rapportés par le New York Times en février 88.) Il est accusé du meurtre et jugé, mais acquitté en 1988 en raison d’un manquement de preuves. Son avocat décrit la mort d’Ana Mendieta comme « un accident ou un suicide » et lors de la défense il suggère même que cela pourrait être en rapport avec la magie noire et le chamanisme qu’elle pratiquait. À l’époque de sa mort, la carrière d’Ana Mendieta était florissante, elle ne montrait pas de signes extérieurs de dépression ou d’état suicidaire, et son mari était réputé pour être une personne violente. Son entourage ne croit pas à l’accident ou au suicide.

L’oeuvre riche et puissante d’Ana Mendieta a été reconnue à sa juste valeur surtout après sa mort. Si vous avez la possibilité de vous rendre à Paris, vous pouvez voir l’exposition « Ana Mendieta – Le temps et l’histoire me recouvrent » jusqu’au 27 janvier 2019 au musée du Jeu de Paume.

Sources :

https://en.wikipedia.org/wiki/Ana_Mendieta

https://blogs.uoregon.edu/anamendieta/2015/02/20/siluetas-series-1973-78/

https://www.tate.org.uk/art/artworks/mendieta-blood-feathers-t12916

 

Aloïse Corbaz

Aloïse Corbaz est une artiste Suisse autodidacte. Diagnostiquée schizophrène à l’âge de 32 ans, elle a commencé à peindre et dessiner lors de son internement dans un hôpital psychiatrique. Nous avons choisi d’écrire sa biographie pour la journée mondiale des maladies mentales, le 10 octobre.

 

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Illustration : Manon Bauzil @bauz92

 

Aloïse Corbaz est née en Suisse, à Lausanne, le 28 juin 1886. Elle est la septième d’une fratrie de huit enfants. Son père est employé des postes, et sa mère, d’origine paysanne, décède alors qu’Aloïse entre tout juste dans l’adolescence. Sa soeur aînée Marguerite endosse alors le rôle maternel avec autorité. Toute jeune, Aloïse a pour ambition de devenir cantatrice, et elle suit des cours de chant qui révèlent une belle voix. Elle s’inscrit à l’école professionnelle de couture de Lausanne, et obtient son baccalauréat à l’âge de 18 ans.

Elle entretient alors une relation passionnée avec le frère de son voisin, un prêtre défroqué étudiant de la faculté de Théologie libre de Lausanne. Cette relation est jugée scandaleuse, et Marguerite la pousse à rompre. L’étudiant est expulsé de la faculté, leur correspondance est détruite.

Aloïse est envoyée par sa soeur en Allemagne, où elle exerce l’activité de préceptrice. Elle passe par Leipzig, Berlin, puis enfin Potsdam. C’est dans cette ville qu’elle fait la rencontre du chapelain de l’empereur Guillaume II, qui l’engage comme gouvernante de ses filles. Elle travaille au château de Sans-Souci et fréquente la cour, dont les fastueuses activités l’impressionnent.

En 1913, lors d’une défilé, elle aperçoit Guillaume II. Elle se construit alors un fantasme autour de cet homme inatteignable et en devient follement amoureuse, et chante parfois pour lui dans sa chapelle privée le dimanche.

Son état de santé commence à se détériorer. Peu avant la déclaration de la Première Guerre Mondiale, elle retourne en Suisse. Elle développe alors de forts sentiments pacifistes, anti-militaristes, et s’éprend du pasteur Gabriel Chamorel, un fervent défenseur de la paix. Son comportement est jugé de plus en plus délirant, et en 1918, sa famille décide de la faire interner à l’hôpital de Cery.

Aloïse commence alors à écrire et dessiner sur les supports de petit format en papier qu’elle trouve ici et là. Elle supporte mal l’enfermement, comme en témoigne une lettre envoyée à son père. Diagnostiquée schizophrène, elle a des accès de violence qui alternent avec une agitation érotique et un besoin d’isolement. Elle ne parle plus, s’enfermant dans un mutisme qui durera dix ans. Au bout d’un an d’internement, elle ne montre aucun signe d’amélioration.

 

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fait entre 1917 et 1924 // Inscriptions
En haut à gauche: «Le sacre de / Marie-Louise et Napoléon / par Pie VII»; en haut à droite: «lulu / Materdolorosa». Au verso, le long du bord latéral gauche: «Libération de l’humanité par / Lulu libre de sortir / […]»; sur le reste de la surface, de haut en bas: «Un astre s’est-il levé en elle / en joyaux de la tiare universelle / un seigneur resplendissant / de lumière qui a étendu / le ciel comme un / tapis de palais de la Paix / à la Haie comme le nom l’indique».

En 1920, elle est transférée à un nouvel établissement : l’asile de la Rosière, à Gimel.

Sa pratique du dessin, d’abord faite en cachette à l’aide de matériaux et de supports improvisés, l’aide à aller mieux. Ses sujets de prédilection sont le couple amoureux, l’opéra et ses souvenirs de la cour impériale allemande.

 

 

Le psychiatre Hans Steck repère ses oeuvres et l’encourage, lui fournissant du matériel. Il demande à ce que ses dessins soient gardés avec soin, ce qui était rare à l’époque (les dessins de « fous » étant la plupart du temps jetés).

À partir des années 1930, l’état psychologique d’Aloïse se stabilise. Elle a trouvé une routine qui lui convient : le matin, elle repasse le linge des patients, une activité ritualisée qu’elle affectionne, et l’après-midi, elle s’adonne à la peinture et au dessin. Petit à petit, elle reprend la parole, s’exprimant de manière cryptique.

 

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Tsarine – entre 1924 et 1941

 

Aloïse aime utiliser ses matériaux jusqu’au bout et improviser des supports insolites. Elle crée sur des supports de matière et de dimensions variées, comme des papiers d’emballage ou des journaux qu’elle coud parfois entre pour obtenir un plus grand format. Souvent, elle remplit entièrement la feuille, recto verso. Elle utilise parfois des fleurs du jardin de l’hôpital pour obtenir un jus coloré, et utilise ses crayons jusqu’à la fin, allant jusqu’à piler les mines pour en faire une pâte à l’aide de sa salive, dessinant avec ses doigts.

 

 

En 1941, une étudiante en médecine de 25 ans, Jacqueline Forel, découvre l’oeuvre d’Aloïse en prenant des cours avec le professeur Steck, qui montre souvent des oeuvres de patient-es à ses élèves. Elle décide de la rencontrer. Au début, il est difficile d’établir un contact, mais petit à petit, les deux femmes deviennent amies. Aloïse la surnomme « l’ange Forel ». Jacqueline fait une thèse de médecine sur son oeuvre « Aloïse ou la peinture magique d’une schizophrène ». Son rapport privilégié avec l’artiste lui permet d’obtenir des clefs d’interprétation de ses peintures que personne n’avait obtenues. Elle peint ce qu’elle appelle « le monde naturel ancien d’autrefois », c’est-à-dire le monde qu’elle a connu avant son hospitalisation. Ce monde est virevoltant, coloré, romancé. Comme nous en informe le dossier de presse de l’exposition « Aloïse Corbaz, en constellation », qui a eu lieu au Musée d’Art Moderne de Lille Métropole en 2015, « Aloïse donne aux couleurs une forte charge symbolique. Le rouge qui domine dans les compositions représente l’amour et la puissance. Les personnages symbolisant le pouvoir sont vêtus de rouge et les couples entourés de fleurs écarlates. À l’opposé, les bruns, violets ou verts foncés sont des couleurs sans vie. Le jaune est signe de perfection et le vert caractérise la vie spirituelle. Les personnages aux yeux verts représentent des personnages mythiques, tandis que ceux qui ont les yeux bleus symbolisent le monde du théâtre. »

 

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Couchés dans la toge à Napoléon, 5e période : 1960-1963

 

En 1946, Jacqueline apprend que Jean Dubuffet, célèbre artiste français, s’intéresse de près à l’art des malades mentaux. Elle décide alors de le rencontrer pour lui montrer des dessins d’Aloïse. Jean Dubuffet est immédiatement séduit par son oeuvre. Il en ajoute à sa collection, et rend plusieurs fois visite à Aloïse, avec qui il noue une amitié. Elle commence alors à obtenir une certaine reconnaissance dans les milieux artistiques. En 1948, Jean Dubuffet présente son travail au Foyer de l’Art Brut. André Breton achète certaines oeuvres.

 

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Sans Titre, 1948

 

En 1951, elle peint son oeuvre maîtresse, Le Cloisonné de Théâtre, et la remet à Jacqueline. Cette oeuvre de 10 mètres de long décrit une histoire proche de la vie de l’artiste, divisée en plusieurs actes comme une pièce de théâtre. On y découvre sa vie amoureuse et sentimentale. L’oeuvre est truffée de références à des personnalités qu’elle admire, comme Napoléon ou l’impératrice Sissi. On y trouve également des clins d’oeil à Van Gogh ou Beethoven.

 

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Le Cloisonné de Théâtre (source de l’image)

 

 

À la fin des années 50 et au début des années 60, ses oeuvres sont montrées dans plusieurs expositions, notamment à Paris. Elle est invitée par le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne à participer à l’exposition « Femmes suisses peintres et sculpteurs » en 1963.

 

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Abbé Bovet, entre 1960 et 1963

 

Mais cette notoriété se révèle être un doux poison pour Aloïse. Repérée par les pouvoirs publics, elle est placée sous le contrôle d’une ergothérapeute pour améliorer son oeuvre et la rendre plus lucrative. Dépossédée de son cocon créatif, elle ne dessins plus qu’au stylo-feutre. Jacqueline remarque que ses dessins ont perdu leur vivacité.

Peu de temps après, le 5 avril 1964, Aloïse Corbaz s’éteint.

 

Sources :

http://www.musee-lam.fr/wp-content/uploads/2015/02/LaM-Aloise-Corbaz-en-constellation-Dossier-de-Presse.pdf

http://www.musee-lam.fr/wp-content/uploads/2010/12/Aloise-Corbaz.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alo%C3%AFse_Corbaz