L’oeuvre de la quinzaine | Samira Abbassy

Pour cette oeuvre de la quinzaine, nous vous présentons les peintures, dessins et sculptures de Samira Abbassy.

Deux ans après sa naissance en Iran en 1965, ses parents déménagent à Londres. Elle y étudie au Canterbury College of Art, dont elle sort diplômée en 1987.

Elle s’installe aux Etats-Unis en 1998 et y vit toujours aujourd’hui. Nous avons choisi ici un échantillon de son travail, et nous vous encourageons à visiter son site pour en voir plus : www.samiraabbassy.com

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Si vous voulez présenter une oeuvre de la quinzaine, n’hésitez pas !

 

#C’est la section art contemporain du site. On met la lumière sur le travail d’un.e artiste contemporain.e, que ce soit un corpus d’oeuvres ou un projet spécifique qui nous a marqué. Ici, on met en valeur le travail artistique des minorités de genre, personnes racisées, personnes queer.

Nous postons une oeuvre tous les quinze jours.

 

#Les règles : écrire un court texte, ou même simplement poster le texte de présentation de la galerie qui représente l’artiste ou de l’artiste lui-même (le traduire en français s’il est dans une autre langue). Envoyer les sources, qui seront postées avec le texte.

 

#C’est un format court qui peut être posté en entier sur facebook et instagram (2200 signes max).

 

#Une sélection d’images des oeuvres est envoyée (ou des liens pour les oeuvres sonores ou vidéo)

 

#À envoyer à prenezcecouteau@gmail.com

 

#Le collectif se chargera de relire le texte, de le mettre en page et de le poster sur le site.

L’oeuvre de la quinzaine | les illustrations de Deedee Cheriel

Pour cette oeuvre de la quinzaine, nous vous faisons découvrir les illustrations bigarrées et poétiques de Deedee Cheriel.

Traduction du texte sur son site :

« Nalini « Deedee » Cheriel est une artiste visuelle qui a débuté en créant des pochettes d’album et des t-shirt pour la scène musicale de l’Oregon au début des années 90. Née dans la ville hippie d’Eugene, dans l’Oregon, elle a créé son propre groupe et sa maison de disque à 19 ans. Influencée par la culture populaire DYI de l’époque, elle a joué dans de nombreux groupes musicaux féminins (…) et a co-créé un film semi-autobiographique « Down and Out with the Dolls ». L’artiste a vécu et a étudié à l’étranger : en Honduras, au Chili, en Angletterre, au Portugal, en Espagne et en Inde, dont elle est originaire.

Résidant maintenant à Los angeles, le travail de Cheriel explore des thématiques qui reconnaissent l’urgence et le conflit de nos tentatives continuelles de nous connecter au monde. Portée par des influences opposées tells que l’imagerie des temples de l’Est Indien, le punk rock et son environnement naturel du Pacific Northwest, ses images sont des indications de la manière dont nous nous connectons aux autres, et comment ces efforts satiriques et héroïques sont à la fois des épisodes de compassion et d’inconfort. Les vifs éléments dérivés de paysages – urbains comme naturels – et la pop culture suggèrent la capacité à trouver des points communs et des relations entre nous-mêmes et notre environnement qui confirment inévitablement notre plus grande humanité et notre quête d’amour. »

Beatrix Potter

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Illustration : Manon Bauzil @bauz92

Helen Beatrix Potter naît le 28 juillet 1866 à Londres, dans une famille de la grande bourgeoisie.

Son petit frère Walter naît en 1872.

Son père, Rupert, est avocat et photographe amateur, et sa mère est femme au foyer. Rupert sensibilise ses enfants à l’art en leur faisant découvrir des oeuvres d’art, notamment celles de son ami Sir John Everett Millais, dont le tableau « Ophélie » fascine Beatrix. Les amis de Rupert fréquentent souvent la maison et encouragent la petite fille dans sa passion pour l’art.

Élevée par une gouvernante, Annie, qui n’a que quelques années de plus qu’elle, Beatrix n’a pas beaucoup de contact avec l’extérieur. Cela la pousse à nouer des relations d’affection avec des animaux, notamment son lapin Peter Piper et son chien. Elle a aussi un hérisson et une chauve-souris domestiqués !

Ses parents sont intéressés par la nature et emmènent souvent les enfants à la campagne, ce qui éveille l’intérêt de Beatrix. Elle dessine avec un grand détail la flore et la faune qu’elle voit. « La nature, à l’exception de l’air et de l’eau, est faite de couleurs. Des couleurs que bon nombre d’entre nous prenons comme acquises, au point de passer à côté. Heureusement que j’ai l’oeil ! »

En grandissant, elle se passionne pour la mycologie (l’étude des champignons). Elle dessine avec passion les champignons qu’elle récolte, les disséquant, faisant preuve d’une grande précision. Son oncle, qui est chimiste, remarque son talent et la pousse à présenter ses travaux aux jardins botaniques royaux de Kew, mais c’est en vain : en plus de la misogynie des hommes scientifiques, le milieu n’accepte pas qu’elle n’ait pas fait d’études, la considérant comme amateure malgré la qualité évidente de ses dessins.

 

 

Déçue par ce rejet, Beatrix s’évade de plus en plus dans son imagination, qui a toujours été très intense. Elle a maintenu une amitié avec son ancienne gouvernante Annie, qui est mère de famille, et elle écrit souvent des lettres amusantes à ses enfants. Si elle n’a pas de talent particulier pour dessiner les gens, elle amuse beaucoup en illustrant les lettres de petits animaux qui courent sur la page. C’est dans ces courriers qu’elle commence à raconter des histoires aux enfants ayant pour protagonistes des lapins, inspirées du lapin qu’elle a eu étant enfant, Peter Piper. Elle crée en 1983 les aventures de Pierre Lapin pour le fils aîné d’Annie, Noel, qui est souvent malade.

 

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Lettre de Beatrix Potter à Noel Moore, 4 Septembre 1893

 

Les aventures de Pierre Lapin raconte l’histoire d’une famille de lapins. Pierre Lapin est un enfant turbulent qui, désobéissant à sa mère, décide d’aller dans le jardin d’un humain, Mr McGregor, malgré l’interdiction et le fait que son père ait fini dans une tourte cuisinée par ce dernier. Après une série de péripéties durant laquelle il mange des salades dans le jardin, et parvient à échapper de peu à Mr McGregor, il parvient à retourner auprès de sa mère.

Elle cherche une maison d’édition pour le publier, en vain, pendant sept ans. Elle décide alors de l’imprimer à 250 exemplaires avec ses propres moyens en 1900. Les illustrations y sont en noir et blanc.

 

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La couverture de la première édition

 

Le livre marche bien dans son entourage. Un ami de la famille, Hardwicke Rawnsley, qui apprécie particulièrement l’oeuvre, décide de faire un nouveau tour des maisons d’édition londoniennes pour lui donner une nouvelle chance. Frederick Warne & Co., l’un des éditeurs qui lui avait refusé son manuscrit quelques années plus tôt, accepte de le publier contre des illustrations en couleur.

Les aventures de Pierre Lapin connaissent un succès immédiat. Le livre est tiré à des milliers d’exemplaires.

 

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La couverture du livre en couleurs, publié par F. Warne & Co

 

 

Beatrix noue une amitié plus étroite avec Norman Warne, l’un des trois fils de Frederick Warne qui travaillent à la maison d’édition. Petit à petit, ils tombent amoureux. À cette époque, elle est célibataire, âgée de 35 ans et vit toujours chez ses parents, ce qui est aussi le cas de Norman. Ils font des projets d’avenir pour les prochaines histoires qu’elle écrira. Ensemble, ils publient Le Conte de Jeannot Lapin et Deux Vilaines Souris.

 

 

Les parents de Beatrix voient cette relation d’un mauvais oeil, car Norman est d’une classe sociale inférieure à Beatrix. Cette dernière est ennuyée et les considère comme hypocrites, car ils reprochent à Norman d’être commerçant, ce qui était le métier des deux paires de grand-parents de Beatrix ! En tant que femme célibataire, elle s’occupe beaucoup de ses vieux parents, fait le ménage et tient la maison en ordre, ce qui les arrange bien. Ils ont du mal à vouloir la laisser partir.

Beatrix, businesswoman avant l’heure, a des idées de produits dérivés de Pierre Lapin : une poupée, un papier peint, un livre de coloriage pour enfants. Elle partage avec son compagnon ses idées et les met en oeuvre.

En 1905, lorsque Norman lui écrit une lettre lui demandant sa main, Beatrix est enchantée. Elle parvient à convaincre ses parents, qui acceptent les fiançailles mais demandent que cela reste secret.

Peu après, Beatrix se rend chez son oncle au Pays de Galles. Avant de partir, elle tente de joindre Norman mais n’y parvient pas : on lui dit qu’il est malade.

Sans plus s’inquiéter, elle part en voyage. Malheureusement, de retour de Manchester pour un déplacement professionnel, Norman est extrêmement souffrant. Il décède à l’âge de 37 ans d’une anémie pernicieuse (certaines personnes disent qu’il avait une leucémie non diagnostiquée à l’époque).

De retour à Londres, Beatrix ne se rend pas à l’enterrement. Terrassée par le deuil, elle passe un moment à dessiner la chambre dans laquelle est mort Norman. Elle passe également beaucoup de temps avec la soeur de Norman, Millie, à qui elle offre une aquarelle d’un champ d’orge peint la veille de sa mort. « J’essaie de penser aux gerbes d’or, et aux récoltes. Sa vie n’a pas été longue, mais elle a été remplie, utile et heureuse. »

Beatrix quitte tout de même le domicile familial à Londres pour s’installer dans un cottage, Hill Top, acheté avec le petit héritage d’une tante et les royalties de ses livres. Elle vit désormais à Near Sawrey, dans le Lake District. Les locataires de la maison, des fermiers, acceptent de rester pour s’occuper de la ferme en attendant qu’elle apprenne les techniques d’élevage.

Elle apprécie son indépendance. Ce quotidien lui permet d’observer encore mieux les animaux qui l’entourent, et de relater la vie campagnarde. Ses histoires s’en ressentent, comme celle de Madame Trotte-Menu, qui raconte l’histoire d’une souris campagnarde (contrairement aux souris urbaines de Deux Vilaines Souris) ou encore Gingembre et Girofle, qui évoque la tenue d’un magasin dans un petit village. Elle publie de nombreux ouvrages, toujours à la maison d’édition Frederick Warne & Co.

 

 

 

Un notaire de Lake District, William Heelis, l’aide dans la gestion de sa propriété. Ils entretiennent une relation amicale proche pendant des années et en 1912, il la demande en mariage. Beatrix accepte mais ne le dit pas tout de suite à ses parents : de nouveau, il s’agit d’un homme de classe inférieure. Ils se marient en octobre 1913 à Londres et s’installent ensemble dans une nouvelle maison, en gardant Hill Top comme maison des fermiers et atelier artistique.

Après son mariage, elle écrit de moins en moins, et se passionne pour l’élevage de mouton Herdwick, formant un duo avec Tom Sorey, qui est berger. Elle achète plusieurs fermes et obtient une très bonne réputation d’éleveuse, gagnant plusieurs prix de concours de race Herdwick, et étant parfois juge dans ces concours.

 

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Sa vision s’empire en vieillissant, ce qui la handicape davantage pour peindre.

En 1942, elle est la première femme à être élue présidente de l’association des éleveurs de la race Herdwick.

Malheureusement, elle meurt d’une pneumonie et de problèmes au coeur avant de pouvoir prendre ses fonctions, le 22 décembre 1943.

Elle confie à Tom Sorey l’endroit où elle veut que ses cendres soient dispersées. Le lieu précis est tenu secret.

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Beatrix_Potter

https://en.wikipedia.org/wiki/Beatrix_Potter

https://www.awesomestories.com/asset/view/ASHES-and-LEGACY-Miss-Potter

 

 

L’oeuvre de la quinzaine | Audrey Kawasaki

 

Audrey Kawasaki est une artiste Américano-Japonaise qui vit et travaille à Los Angeles.

Nous avons traduit le texte sur son site qui explique son travail :

« Le travail de Kawasaki contient des thèmes contrastés tels que l’innocence et l’érotisme, exprimant le captivant mystère de la sensualité féminine. Son imagerie tranchante est peinte avec précision sur des panneaux de bois, dont le grain naturel ajoute de la chaleur à son sujet énigmatique.
Les influences créatives de l’artiste incluent des traditions occidentales et orientales telles que l’Art Nouveau et les Manga Japonais. Elle peint des femmes voluptueuses, séduisantes et désinhibées d’une beauté délicate et provocante, au regard direct. Leurs gestes gracieux et leurs traits fantomatiques portent d’énigmatiques expressions de mélancolie et de nostalgie. »

 

Aloïse Corbaz

Aloïse Corbaz est une artiste Suisse autodidacte. Diagnostiquée schizophrène à l’âge de 32 ans, elle a commencé à peindre et dessiner lors de son internement dans un hôpital psychiatrique. Nous avons choisi d’écrire sa biographie pour la journée mondiale des maladies mentales, le 10 octobre.

 

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Illustration : Manon Bauzil @bauz92

 

Aloïse Corbaz est née en Suisse, à Lausanne, le 28 juin 1886. Elle est la septième d’une fratrie de huit enfants. Son père est employé des postes, et sa mère, d’origine paysanne, décède alors qu’Aloïse entre tout juste dans l’adolescence. Sa soeur aînée Marguerite endosse alors le rôle maternel avec autorité. Toute jeune, Aloïse a pour ambition de devenir cantatrice, et elle suit des cours de chant qui révèlent une belle voix. Elle s’inscrit à l’école professionnelle de couture de Lausanne, et obtient son baccalauréat à l’âge de 18 ans.

Elle entretient alors une relation passionnée avec le frère de son voisin, un prêtre défroqué étudiant de la faculté de Théologie libre de Lausanne. Cette relation est jugée scandaleuse, et Marguerite la pousse à rompre. L’étudiant est expulsé de la faculté, leur correspondance est détruite.

Aloïse est envoyée par sa soeur en Allemagne, où elle exerce l’activité de préceptrice. Elle passe par Leipzig, Berlin, puis enfin Potsdam. C’est dans cette ville qu’elle fait la rencontre du chapelain de l’empereur Guillaume II, qui l’engage comme gouvernante de ses filles. Elle travaille au château de Sans-Souci et fréquente la cour, dont les fastueuses activités l’impressionnent.

En 1913, lors d’une défilé, elle aperçoit Guillaume II. Elle se construit alors un fantasme autour de cet homme inatteignable et en devient follement amoureuse, et chante parfois pour lui dans sa chapelle privée le dimanche.

Son état de santé commence à se détériorer. Peu avant la déclaration de la Première Guerre Mondiale, elle retourne en Suisse. Elle développe alors de forts sentiments pacifistes, anti-militaristes, et s’éprend du pasteur Gabriel Chamorel, un fervent défenseur de la paix. Son comportement est jugé de plus en plus délirant, et en 1918, sa famille décide de la faire interner à l’hôpital de Cery.

Aloïse commence alors à écrire et dessiner sur les supports de petit format en papier qu’elle trouve ici et là. Elle supporte mal l’enfermement, comme en témoigne une lettre envoyée à son père. Diagnostiquée schizophrène, elle a des accès de violence qui alternent avec une agitation érotique et un besoin d’isolement. Elle ne parle plus, s’enfermant dans un mutisme qui durera dix ans. Au bout d’un an d’internement, elle ne montre aucun signe d’amélioration.

 

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fait entre 1917 et 1924 // Inscriptions
En haut à gauche: «Le sacre de / Marie-Louise et Napoléon / par Pie VII»; en haut à droite: «lulu / Materdolorosa». Au verso, le long du bord latéral gauche: «Libération de l’humanité par / Lulu libre de sortir / […]»; sur le reste de la surface, de haut en bas: «Un astre s’est-il levé en elle / en joyaux de la tiare universelle / un seigneur resplendissant / de lumière qui a étendu / le ciel comme un / tapis de palais de la Paix / à la Haie comme le nom l’indique».

En 1920, elle est transférée à un nouvel établissement : l’asile de la Rosière, à Gimel.

Sa pratique du dessin, d’abord faite en cachette à l’aide de matériaux et de supports improvisés, l’aide à aller mieux. Ses sujets de prédilection sont le couple amoureux, l’opéra et ses souvenirs de la cour impériale allemande.

 

 

Le psychiatre Hans Steck repère ses oeuvres et l’encourage, lui fournissant du matériel. Il demande à ce que ses dessins soient gardés avec soin, ce qui était rare à l’époque (les dessins de « fous » étant la plupart du temps jetés).

À partir des années 1930, l’état psychologique d’Aloïse se stabilise. Elle a trouvé une routine qui lui convient : le matin, elle repasse le linge des patients, une activité ritualisée qu’elle affectionne, et l’après-midi, elle s’adonne à la peinture et au dessin. Petit à petit, elle reprend la parole, s’exprimant de manière cryptique.

 

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Tsarine – entre 1924 et 1941

 

Aloïse aime utiliser ses matériaux jusqu’au bout et improviser des supports insolites. Elle crée sur des supports de matière et de dimensions variées, comme des papiers d’emballage ou des journaux qu’elle coud parfois entre pour obtenir un plus grand format. Souvent, elle remplit entièrement la feuille, recto verso. Elle utilise parfois des fleurs du jardin de l’hôpital pour obtenir un jus coloré, et utilise ses crayons jusqu’à la fin, allant jusqu’à piler les mines pour en faire une pâte à l’aide de sa salive, dessinant avec ses doigts.

 

 

En 1941, une étudiante en médecine de 25 ans, Jacqueline Forel, découvre l’oeuvre d’Aloïse en prenant des cours avec le professeur Steck, qui montre souvent des oeuvres de patient-es à ses élèves. Elle décide de la rencontrer. Au début, il est difficile d’établir un contact, mais petit à petit, les deux femmes deviennent amies. Aloïse la surnomme « l’ange Forel ». Jacqueline fait une thèse de médecine sur son oeuvre « Aloïse ou la peinture magique d’une schizophrène ». Son rapport privilégié avec l’artiste lui permet d’obtenir des clefs d’interprétation de ses peintures que personne n’avait obtenues. Elle peint ce qu’elle appelle « le monde naturel ancien d’autrefois », c’est-à-dire le monde qu’elle a connu avant son hospitalisation. Ce monde est virevoltant, coloré, romancé. Comme nous en informe le dossier de presse de l’exposition « Aloïse Corbaz, en constellation », qui a eu lieu au Musée d’Art Moderne de Lille Métropole en 2015, « Aloïse donne aux couleurs une forte charge symbolique. Le rouge qui domine dans les compositions représente l’amour et la puissance. Les personnages symbolisant le pouvoir sont vêtus de rouge et les couples entourés de fleurs écarlates. À l’opposé, les bruns, violets ou verts foncés sont des couleurs sans vie. Le jaune est signe de perfection et le vert caractérise la vie spirituelle. Les personnages aux yeux verts représentent des personnages mythiques, tandis que ceux qui ont les yeux bleus symbolisent le monde du théâtre. »

 

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Couchés dans la toge à Napoléon, 5e période : 1960-1963

 

En 1946, Jacqueline apprend que Jean Dubuffet, célèbre artiste français, s’intéresse de près à l’art des malades mentaux. Elle décide alors de le rencontrer pour lui montrer des dessins d’Aloïse. Jean Dubuffet est immédiatement séduit par son oeuvre. Il en ajoute à sa collection, et rend plusieurs fois visite à Aloïse, avec qui il noue une amitié. Elle commence alors à obtenir une certaine reconnaissance dans les milieux artistiques. En 1948, Jean Dubuffet présente son travail au Foyer de l’Art Brut. André Breton achète certaines oeuvres.

 

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Sans Titre, 1948

 

En 1951, elle peint son oeuvre maîtresse, Le Cloisonné de Théâtre, et la remet à Jacqueline. Cette oeuvre de 10 mètres de long décrit une histoire proche de la vie de l’artiste, divisée en plusieurs actes comme une pièce de théâtre. On y découvre sa vie amoureuse et sentimentale. L’oeuvre est truffée de références à des personnalités qu’elle admire, comme Napoléon ou l’impératrice Sissi. On y trouve également des clins d’oeil à Van Gogh ou Beethoven.

 

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Le Cloisonné de Théâtre (source de l’image)

 

 

À la fin des années 50 et au début des années 60, ses oeuvres sont montrées dans plusieurs expositions, notamment à Paris. Elle est invitée par le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne à participer à l’exposition « Femmes suisses peintres et sculpteurs » en 1963.

 

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Abbé Bovet, entre 1960 et 1963

 

Mais cette notoriété se révèle être un doux poison pour Aloïse. Repérée par les pouvoirs publics, elle est placée sous le contrôle d’une ergothérapeute pour améliorer son oeuvre et la rendre plus lucrative. Dépossédée de son cocon créatif, elle ne dessins plus qu’au stylo-feutre. Jacqueline remarque que ses dessins ont perdu leur vivacité.

Peu de temps après, le 5 avril 1964, Aloïse Corbaz s’éteint.

 

Sources :

http://www.musee-lam.fr/wp-content/uploads/2015/02/LaM-Aloise-Corbaz-en-constellation-Dossier-de-Presse.pdf

http://www.musee-lam.fr/wp-content/uploads/2010/12/Aloise-Corbaz.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alo%C3%AFse_Corbaz

 

L’artiste du mois | Lia Kafka

Ce mois-ci, nous mettons à l’honneur l’illustratrice Lia Kafka. Ses oeuvres oscillent entre représentation de la vie quotidienne et dessins de créatures fantastiques. On a beaucoup aimé son univers plein de douceur et de magie.

 

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Quand as-tu commencé à créer ?

Je ne vais pas faire dans l’originalité ! Comme beaucoup de dessinateur-ice-s, je dessine depuis toute petite. En revanche, je ne me suis mise sérieusement au dessin qu’au lycée. A l’époque, j’avais pris Arts Plastiques option lourde. Là, j’ai vraiment commencé à étudier tout ce qui était du domaine de l’anatomie, la perspective, etc. Petite, j’aimais dessiner, mais lorsque le m’on me proposait de prendre des cours, je disais non, car, je cite « j’aime pas qu’on me dise ce que j’ai à faire ! ».

 

Quels ont été tes tout premiers coups de coeur artistiques ?

Enfant, j’aimais beaucoup regarder les illustrations de mes livres pendant des heures. Des illustrateur-ice-s comme Boiry, et ses dessins féériques, Claude Ponti et son univers absurde, Quentin Blake et ses illustrations pleines d’humour m’ont fascinée. Mais je pense que ce qui a été mon moteur concernant le dessin (et ce, encore maintenant) sont les manga. Comme beaucoup d’enfants de ma génération, j’ai grandi en regardant des anime à la télévision, comme Sailor Moon ou Cardcaptor Sakura. Mais je n’oublierai jamais le premier manga que j’ai lu, à la bibliothèque municipale de ma ville qui est Akira, ou encore le premier manga que j’ai possédé : Fruits Basket.

 

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Qu’est-ce qui te plaît particulièrement dans le dessin ? Est-ce que tu as déjà testé d’autres pratiques artistiques ?

Le dessin est un médium rapide et simple. On peut dessiner, même sur le sable. Il y a quelque chose de fragile, aussi. C’est un médium qui permet également re raconter des histoires facilement, comme je le fais, en illustration. Sinon, il m’est arrivé d’essayer la sculpture : j’avais tenté une vaine expérience de confectionner une poupée en pâte à modeler Plastiroc, mais je n’ai jamais eu la foi de continuer ! J’ai aussi testé la peinture et la vidéo, mais ça n’a jamais rien donné de concluant.

 

Fais-tu un lien entre ta pratique artistique et tes idées politiques ? Si oui, de quelle façon ?

Haha ! J’essaye de ne pas trop mêler ma pratique artistique et mes idées politique, mais quoi qu’il arrive, ces dernières reviennent régulièrement que je le veuille ou non ! Par exemple, j’essaye toujours de dessiner des personnages aux morphologies, couleurs de peau, etc différentes. Ce sont la plupart du temps des femmes. J’aime aussi représenter les scènes romantiques queer. Je trouve le milieu du dessin encore très sexiste et cis-hétérocentré (entre autres), et j’essaie d’en prendre le contrepied. Pour le Inktober, par exemple (un défi, durant le mois d’octobre, où l’on doit réaliser un dessin à l’encre par jour), en m’inspirant du Witchy art challenge de l’illustratrice Vicky Pandora, j’ai réalisé trente-et-un dessins de sorcières. A chaque fois, j’essayais de faire différentes couleurs de peau, religions, âges…

 

 

Quel est ton rapport aux réseaux sociaux ? Aimes-tu les utiliser pour montrer ton art ? Penses-tu qu’ils modifient ta manière de créer, que ce soit via des influences ou via les retours que tu as sur ton travail ?

J’adore les réseaux sociaux ! Je pense que si j’étais née deux décennies plus tôt, j’aurais eu beaucoup plus de difficulté à montrer mon travail. On peut toucher un public beaucoup plus large sur Internet, et faire également de chouettes rencontres. Pour moi qui ne vais pas facilement vers les gens, c’est une réelle aubaine !

 

Des illustrateur.ices, artistes qui t’inspirent ?

Je m’inspire énormément du manga. J’aime beaucoup la mangaka Kaoru Mori. A chaque fois que je vois un dessin d’elle, j’ai automatiquement envie de dessiner. Pareil pour Kaori Yuki ou Junji Ito. Sinon, j’aime bien feuilleter des magazines comme Hey ! Ou Hi-Fructose. Le mouvement Low-Brow est pour moi une grande source d’inspiration.

 

 

Retrouvez Lia Kafka sur sa page facebook ou sur instagram@lia.kafka !

Annie Pootoogook

Annie Pootoogook était une artiste avant-gardiste canadienne Inuk qui, au moyen de ses crayons de couleur et de ses stylos, a fait connaître sa vie quotidienne et celle de sa communauté au Cape Dorset, au Nunavut dans le nord du Canada.

 

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Illustration : Manon Bauzil @bauz92

 

Née en 1969, Annie Pootoogook a grandi dans une famille d’artistes. Ses dessins sont d’ailleurs directement inspirés de sa mère Napachie Pootoogook, graphiste reconnue, et sa grand-mère Pitseolak Ashoona, artiste accomplie. Son père, Eegyvudluk Pootoogook, était quant à lui graveur et sculpteur.

Elle commence sa carrière à 28 ans dans la West Baffin Eskimo Co-operative (aujourd’hui Kinngait Studios), à Cape Dorset, qui commercialisait l’art inuit dans le but de sortir les communautés de la pauvreté. Elle était principalement connue pour ses dessins aux crayons de couleur et au stylo représentant des scènes intimes contemporaines de la vie des familles inuites.
Comme sa cousine Shuvinai Ashoona, elle a adopté une nouvelle forme d’expression qui diffère des représentations traditionnelles inuites dans les arts du Nord. Leurs œuvres s’inspirent de leur vécu dans un Nord moderne au détriment des thèmes récurrents de l’art inuit telles que les légendes et les mythes autochtones ou encore les animaux.

 

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Playing Super Nintendo, 2003-4

 

Son art a illustré trois sujets principaux.
Premièrement, les expériences quotidiennes de la vie des femmes autochtones vivant dans le Nord canadien. Deuxièmement, les difficultés rencontrées par les collectivités autochtones du Nord, et troisièmement, l’impact de la technologie sur la vie traditionnelle des Inuit.
Ses dessins, tantôt légers et humoristiques, tantôt plus sombres, abordent des thèmes comme la violence familiale et l’alcoolisme. Son art est à la fois graphique, émotionnel, de qualité journalistique et surtout réalisé avec beaucoup de détachement. Les personnages sont de face ou de profil, présentés de manière très simple.

 

 

Elle a reçu en 2006 le prestigieux prix Sobey pour encourager les jeunes artistes canadiens de moins de 40 ans. Ses œuvres ont été montrées lors d’expositions nationales comme à la galerie d’art commerciale Feheley Fine Arts et à la galerie d’art The Power Plant à Toronto, ou également lors d’expositions internationales en Allemagne et aux États-Unis.De plus, certaines de ses œuvres se trouvent au Musée des Beaux-Arts du Canada.

 

 

Annie Pootoogook a quitté en 2007 le Cape Dorset pour venir s’installer à Ottawa. Malheureusement, on raconte qu’elle a dû faire face à des problèmes de toxicomanie et à la pauvreté.Elle a été contrainte à vivre dans la rue.
Dans ces conditions difficiles, elle donna naissance à une petite fille qui sera adoptée par Veldon Coburn, Anishinaabe et spécialiste des questions autochtones à l’Université de McGill.

 

 

Elle décède tragiquement à 47 ans en 2016. Son corps est retrouvé dans le Canal Rideau à Ottawa. Le Groupe des crimes majeurs de la police d’Ottawa est toujours en train de mener l’enquête sur les causes de sa mort.
Plusieurs jours après le décès d’Annie Potoogook, le sergent Chris Hrnchiar a commenté qu’« il pourrait s’agir d’un suicide accidentel : elle était ivre, est tombée dans le canal et s’est noyée ». Il a rajouté qu’« une grande partie de la population autochtone du pays se satisfait d’être des alcooliques et des toxicomanes ». Ces commentaires ont été grandement condamnés comme étant racistes et une enquête interne sur la conduite du policier a été lancée.
Le décès d’Annie Pootoogook a eu beaucoup de visibilité médiatique, car elle était reconnue en tant qu’artiste renommée du Canada. Mais trop souvent, les décès ou disparitions de femmes autochtones ne sont pas relayés par les médias. En avril 2014, la Gendarmerie royale du Canada affirmait avoir identifié 1181 cas de femmes autochtones assassinées ou disparues depuis 1980. Ce phénomène a depuis longtemps été dénoncé par les associations de femmes autochtones et leurs allié-e-s. Memee Lavell-Harvard, présidente de l’Association des Femmes Autochtones de l’Ontario et doctorante en Éducation, et Jennifer Brant, Mohawk et enseignante à la faculté d’Éducation à l’Université de Brock, soutiennent que la violence envers les femmes autochtones est un problème sociologique qui prend racine dans l’histoire de la nation canadienne au croisement du colonialisme, du racisme et du sexisme.

 

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Untitled (Kenojuak and Annie with Governor General Michaëlle Jean), 2010

 

Ce qu’Annie Pootoogook a accompli lors de sa vie la place parmi les plus grands artistes contemporains du nord du Canada.
En février 2018, une exposition intitulée « Annie Pootoogook, Une impression indélébile », à l’affiche à la Collection McMichael d’art canadien, à Kleinburg, en Ontario, a mis à l’honneur les œuvres de l’artiste dans le respect des désirs de sa communauté d’origine. En effet, Nancy Campbell, la commissaire de l’exposition affirme qu’« Ils souhaitaient qu’on se souvienne d’elle pas seulement pour ses images saisissantes montrant la part sombre de la vie de la communauté, mais aussi pour celles présentant les réalités beaucoup plus positives de Cape Dorset : le sens de l’entraide, le camping, la famille, le quotidien » (2018).

 

Une biographie écrite par Lisa Van Campenhout

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Pootoogook

http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/annie-pootoogook/

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1063292/lenquete-sur-la-mort-suspecte-dannie-pootoogook-a-ottawa-serait-inconcluante

  1. M. Lavell-Harvard et J.Brant (édit.), Forever loved : Exposing the hidden crisis of missing and murdered indigenous women and girls in Canada (p. 1-13). Bradford: Demeter Press.

Gendarmerie royale du Canada. (2014). Les femmes autochtones disparues ou assassinées : Un aperçu opérationnel national. Canada. [Document PDF]. Récupéré de http://www.rcmp-grc.gc.ca/pubs/mmaw-faapd-fra.pdf

https://www.beaux-arts.ca/magazine/artistes/en-souvenir-dannie-pootoogook#

 

L’oeuvre de la semaine | Greenland 2012: Chasing the Light, Zaria Forman

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114×152 cm, pastel sec sur papier

 

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76×111 cm, pastel sec sur papier

 

Zaria Forman documente le changement climatique dans ses dessins au pastel. Elle voyage dans des régions reculées du monde pour collecter des images et de l’inspiration pour son travail, qui est exposé dans le monde entier.

Pour l’oeuvre de la semaine, nous avons choisi deux dessins de la série « Greenland 2012: Chasing the Light », dont l’artiste raconte ici l’origine :

« En août 2012, j’ai mené une expédition en Arctique dans la côte Nord Ouest du Groenland. Nommée « Chasing the Light » (poursuivre la lumière), c’était la seconde expédition dont la mission était de créer de l’art inspiré par cette géographie spectaculaire et dramatique. La première, en 1869, fut menée par le peintre Américain William Bradford. Ma mère, Rena Bass Forman, a eu l’idée de ce voyage, mais n’a pas vécu assez longtemps pour le voir. Durant les mois de sa maladie, son attachement à cette expédition n’a jamais chancelé et j’ai promis de réaliser son ultime voyage.
Ces dessins sont inspirés par ce voyage. En documentant le changement climatique, ce travail aborde le fait de dire au revoir, à la fois à un niveau global et à un niveau personnel. Au Groenland, j’ai dispersé les cendres de ma mère au milieu de la glace qui fondait.
Je suis profondément reconnaissante à l’équipe de talentueux-ses artistes, universitaires, aux capitaines et à l’équipe du Wanderbird pour m’avoir aidée à transporter les cendres de ma mère et à réaliser son rêve.
Un pourcentage des ventes sera donné à 350.org. »

 

L’Artiste du mois : Manon Bauzil

Ce mois-ci, nous avons choisi de mettre à l’honneur notre illustratrice, Manon Bauzil ! Dessinatrice et graphiste, ce sont ses créations pleines de poésie qui accompagnent chaque biographie d’artiste. Nous lui avons posé quelques questions pour vous faire mieux découvrir son travail.

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Soleil Couchant, 2015

Qu’est-ce qui dans ton parcours t’a amenée à la création ? Depuis combien de temps t’y intéresses-tu ?

Je dessine depuis que j’ai 4 ans, j’ai toujours beaucoup dessiné, je suis timide et donc ça m’aide à m’exprimer. Du coup ça prend une grande place dans ma vie! C’est une façon de voyager dans ma tête.

Quels ont été tes premiers coups de coeur artistiques ?

Mes premiers coups de coeurs artistiques ont été Matisse et Picasso, étant de la côte d’azur c’est des artistes qui ont bercé mon enfance et que j’ai redécouvert pendant mes études. Pendant toute ma scolarité on disait que j’étais dans la lune, c’est vrai, je rêvais tout le temps (toujours aujourd’hui d’ailleurs) je regardais toujours en l’air, et mon père est comme ça aussi, du coup il me parlait souvent de la beauté de la nature, des objets des années soixante, du design des voitures, des bateaux des chaises etc… Je suis une contemplative!

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illustration pour le magazine en ligne « 2ème page »

Est-ce que tu as déjà tâté d’autres médiums ? Qu’est-ce qui te convient particulièrement dans la pratique du dessin et du graphisme ?

J’ai des petites périodes de photos parfois, et de vidéos aussi, j’aime bien faire des stop motion… Sinon j’aime aussi sculpter des trucs, et les peindre, mais ça fait un moment que je peins (encres et acrylique) sur des toiles ou du papier cartonné j’adore ça. Ce qui me convient dans le dessin et le graphisme, c’est la liberté d’exploration, le fait de pouvoir tester des choses, enlever des parties que j’aime pas ou me concentrer sur d’autres…

Fais-tu un lien entre ta pratique artistique et tes idées politiques ? Si oui, de quelle façon ?

 Disons que je n’ai pas d’opinion politique très tranchée, c’est plutôt des questions que je me pose. Je pense que si je fais passer des messages parfois sur ce que je fais, c’est surement involontaire, je ne fais que retranscrire ce que je vis, ce qui m’inspire, ce qui me dégoûte, ce que je trouve drôle…

 

 

Que penses-tu des réseaux sociaux en tant que plateforme pour montrer son travail créatif ?

Je pense que les réseaux sociaux c’est une chance inouïe pour les artistes de découvrir ce que les autres font, leur vie, c’est une source d’inspiration énorme, après, il faut faire attention à ne pas se noyer sous le flux d’informations, ce qui peut conduire à l’inactivité… et ce qui m’arrive parfois! Personnellement j’utilise pas mal instagram, ou il y a une grosse communauté d’artistes.

Des dessinateur-ices, artistes qui t’inspirent ?

Des artistes qui m’inspirent, il y en a beaucoup, j’adore les films de Fellini, et les films de la nouvelle vague, j’aime beaucoup la poésie de Rimbaud et Verlaine (quand je suis triste), Jean Cocteau, et pour les artistes contemporains, broken fingaz, ou raving indian (sur instagram).

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Marguerite, 2018

 

Retrouvez Manon sur instagram, @bauz1992 !