L’oeuvre de la quinzaine | Kerry James Marshall

Kerry James Marshall est un artiste Américain reconnu, représenté par la galerie Jack Shainman depuis 1993. Il a été exposé dans de nombreux musées aux Etats-Unis et en Europe et a reçu de nombreux prix et bourses. Nous avons traduit le texte qui le présente sur le site de sa galerie.
« Kerry James Marshall utilise la peinture, l’installation, le collage, la vidéo et la photographie pour commenter sur l’Histoire de l’identité Noire à la fois aux Etats-Unis et dans l’art occidental. Il est connu pour ses peintures qui sont axées sur le sujet de l’expérience des Noirs, historiquement exclus du canon artistique, et a exploré les problématiques raciales et l’Histoire à travers une imagerie allant de l’abstraction à la bande-dessinée. Dans une interview de 2012 à Art+Auction, il dit qu' »il est possible de transcender ce qui est perçu comme les limitations d’un travail incluant la conscience de la race. C’est une limitation seulement si vous acceptez les entraves d’une personne extérieure. Si vous sondez les abysses vous-mêmes, vous pouvez faire preuve d’une bonne dose de flexibilité créative. Vous n’êtes limité que par votre habilité à imaginer des possibilités ».

Marshall est né en Alabama en 1955 et a grandi à Watts, Los Angeles. Il a été diplômé en 1975 du Otis college of Art and Design et il vit et travaille à Chicago. Dans l’émission Art21, Marshall dit « Vous ne pouvez pas être né à Birmingham, Alabama en 1955 et avoir grandi à South Central (Los Angeles) à côté du siège des Black Panthers, et ne pas ressentir une sorte de responsabilité sociale. Vous ne pouvez pas vous installer à Watts en 1963 et ne pas en parler. ça a beaucoup déterminé la direction qu’allait prendre mon travail... » »

 

L’oeuvre de la quinzaine | les autoportraits de Mequitta Ahuja

Mequitta Ahuja est née en 1976 à Grand Rapids, dans le Michigan, d’un père Indien et d’une mère Afro-Américaine. Elle grandit dans une communauté majoritairement blanche. Cela l’a poussée à se questionner sur son identité, et l’autoportrait est la dominante de son oeuvre. Nous avons sélectionné un échantillon d’oeuvres et traduit le texte de son site internet (que nous vous invitons à visiter !), qui explique sa démarche.

« Je transforme l’autoportrait de l’artiste, en particulier l’autoportrait de la femme de couleur – longtemps définie par cette identité – en une réflexion sur la création d’image. Je fais cela en cataloguant visuellement les codes de la peinture et en leur donnant de nouvelles significations. Je simplifie la forme, et j’inclus les motifs traditionnels tels que les gestes des mains, les mouvements du tissu, les jeux de regard avec le/a regardeur/euse, le papier froissé présenté en trompe-l’oeil, l’architecture racontant une histoire, la perspective cavalière et la figure allégorique. Je mets l’accent à la fois sur l’aspect conceptuel et physique de la peinture en montrant mon modèle lisant, écrivant et s’occupant de ses toiles dans l’atelier. En créant des images dans l’image, je décris les nombreux aspects de la peinture – abstraction, texte, naturalisme, description schématique, planéité graphique et illusion. Je donne un nouveau sens aux idées et approches picturales qui ont jalonné l’Histoire de la peinture, notamment les hiéroglyphes Egyptiens, les fresques de Giotto, la figuration Hindoue et les premières peintures Américaines. Je positionne cette variété de styles artistiques au sein du contexte de la peinture figurative, et je remplace l’autoportrait habituel – l’artiste debout devant son chevalet – par un large portrait du travail de peinture. En travaillant stratégiquement avec les nombreuses formes et les divers passés de la peinture, je mêle mes préoccupations personnelles et picturales contemporaines à la discussion séculaire de la représentation. »